L’Association Médicale Mondiale qui se réunit régulièrement pour revoir et ratifier la convention d’Helsinki a réaffirmé que « dans les recherches médicales, l’intérêt collectif ne doit jamais primer sur l’intérêt de l’individu ».

Personne n’a probablement l’intention de transformer nos parlementaires en vaccinologues de haut rang.

Quel devrait -être en démocratie le rôle du parlement pour la santé, si ce n’est de mettre à la disposition du citoyen les meilleures conditions de soin, sans interférer dans son libre choix de personne pensante, ni dans celui des professionnels, les médecins, et dans le respect des droits acquis sur l’inviolabilité du corps humain.

Dérives éthiques liées aux protocoles imposés

La dérive éthique et la violation des droits du patient sont usuels en l’absence d’information et le « Servir la science » est la justification alléguée du changement de paradigme imposé aux médecins depuis le début du siècle, avec des conséquences désastreuses comme si l’innovation était forcément un progrès.

Or servir la science était l’argument massue de défense des médecins obéissant au totalitarisme hitlérien : celui-ci donnait l’absolue priorité au collectif, la personnalité individuelle devant lui être soumise. Karl Brand, médecin personnel d’Hitler, avait déclaré que « lorsque la personnalité est dissoute au sein du corps collectif, toute demande qui lui est soumise doit être dissoute au sein du concept de système collectif ; les besoins de la société sont maintenant des besoins individuels, et l’être humain, ce complexe individuel, sert uniquement à l’intérêt de la société ».

Ainsi naquit le code de Nuremberg

Le Code de Nuremberg est considéré comme un code légal de droits humains et non comme un code de déontologie médicale qui devrait être appliqué seulement par des médecins. Il est régulièrement rappelé à la communauté internationale au cours des réunions de l’association médicale mondiale.

Ne doit-on pas réfléchir aujourd’hui aux discours que tiennent certains médecins aux patients effondrés sur l’intérêt pour la société d’accepter de signer « ces papiers » qui permettront à leur traitement de servir à la « science », oubliant le consentement véritablement éclairé?

Parallèlement, ne doit-on pas réfléchir aux implications éthiques d’une obligation vaccinale ?

« Le Code de Nuremberg stipule que « le consentement volontaire du sujet humain est absolument essentiel. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques a repris cette interdiction contre toute expérimentation involontaire, dans son texte de 1966 qui stipule : nul ne peut être soumis sans son libre consentement à une expérience médicale ou scientifique. » Cette interdiction est maintenant si universellement reconnue que certains tribunaux et chercheurs ont considéré ce droit au consentement éclairé comme une question de droit international coutumier. (….). »

En 2005, l’UNESCO (..) a adopté la Déclaration Universelle sur la bioéthique et les droits de l’homme avec un consensus de 193 pays (..), elle stipule que toute intervention médicale préventive ne doit être effectuée qu’avec le consentement préalable, libre et éclairé de la personne concernée, et fondé sur des informations suffisantes. Elle note également (en son article 2) que « le seul intérêt de la science ou de la société » ne doit pas prévaloir.

Le Dr Leo Alexander, chef médical consultant américain au procès de Nuremberg, a averti en 1949 que « C’est à partir de débuts insignifiants que les valeurs d’une société entière peuvent être renversées ». Il a souligné que bien avant l’arrivée au pouvoir des nazis en Allemagne, un changement dans la culture médicale s’était déjà produit « ouvrant la voie à l’adoption d’un point de vue hégélien utilitariste » avec une littérature traitant de l’euthanasie et de l’extermination des personnes handicapées dès 1931. »

Selon le principe de précaution médicale, le principe, par défaut, de la vaccination doit relever de recommandations et non d’obligations et c’est le role du parlement que de protéger les droits des citoyens en dehors de toute querelle médicale et en l’absence de péril.

Association Ametist

Interview TV Libertés

La vérité sur les médicaments anti-cancer – Gérard et Nicole Delépine

Regardez l’interview de Nicole et Gérard Delépine sur TV Libertés.

 

« Alerte aux fléaux biologiques »

Hugues Demeudes

Livre de 200 pages 2017 – Edition Michalon

Livre passionnant qui révèle une face souvent ignorée de la mondialisation, celle de l’invasion par des plantes et animaux importés de continents lointains qui menacent notre écosystème, notre santé et notre économie.

La découverte de l’Amérique a permis aux européens de bénéficier entre autres de la pomme de terre, de la tomate et du maïs. Mais les échanges Europe Amérique ont aussi été à l’origine de la grande famine d’Irlande de 1845, (près d’un million de morts et de deux millions d’émigrants), et en France des crises viticoles dues au phylloxéra, au mildiou et à l’oïdium.

La mondialisation débridée qui sévit depuis bientôt trente ans a multiplié considérablement les menaces biologiques

Les fléaux biologiques importés menacent l’existence des palmiers, des oliviers, des frênes, des platanes, des huitres plates, des abeilles, appauvrissent les récoltes et rendent possibles, dans l’hexagone des épidémies de chikungunya, de dingue ou de la maladie de Lyme.

L‘auteur répertorie les principales espèces envahissantes qui nous menacent et détaille leur mode d’action. Il chiffre leur cout économique considérable et esquisse les moyens de lutte dont on dispose.

Mais le premier stade d’une lutte efficace est de bien connaitre l’ennemi. La lecture de ce livre est donc indispensable.

L’Hebdo Politique avec le Docteur Gérard Delépine : Agnès Buzyn, VRP des vaccins

Ecoutez Nicole Delépine sur Europe 1 dans l’émission de Frédéric  TADDEI Social Club – le débat le 26 octobre de 19h à 20h.

Ecoutez le replay ici.

MEDICAMENTS ANTICANCEREUX PEU UTILES, SOUVENT TOXIQUES ET HORS DE PRIX

par Gérard et Nicole DELEPINE

 

SORTIE CHEZ MICHALON LE 26 OCT 2017

DISPONIBLE DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES ET EN LIGNE

 

Et voici le petit dernier !

A la suite de la publication des précédents livres et singulièrement « CANCER les bonnes questions à poser à votre médecin », en vue d’aider les patients à retrouver un dialogue équilibré avec leur médecin, de nombreux patients nous ont joint pour « en savoir plus » de la part de médecins retraités, non suspects de conflits d’intérêt.

Dans le livre suivant « soigner ou obéir » nous tentions de sensibiliser les citoyens aux dangers de la médecine gouvernée désormais par le ministère de la santé en vertu de l’article 1 de la loi santé parue au JO en janvier 2016. Le monopole du traitement du cancer en France mis au point par les plans cancer successifs depuis 2003 se renforçait avec tous ses dangers de traitement choisi selon les recommandations nationales uniformisées à toute la France.

Nous avions dénoncé à cette occasion la modification des critères d’obtention des AMM pour les médicaments et ses dangers. Dans tous les pays soumis à ces nouvelles réglementations qui associent mise sur le marché express, (sans évaluation correcte de l’efficacité ni des complications) des nouvelles d rogues commercialisées à des prix défiants tout bon sens qui menacent l’existence même des systèmes d’assurance santé solidaire de tous les pays.

Nous avons constaté, comme beaucoup d’autres, que la majorité des molécules anticancéreuses mises récemment sur le marché n’apportent pas de bénéfices pertinents aux malades. Il ne s’agit pas de médicaments inefficaces au sens premier, mais de drogues trop peu efficaces et/ou trop toxiques pour que les malades en tirent un bénéfice pertinent (et surtout leur durée de vie) du fait d’une balance bénéfices/risques négative.

Pour savoir si ce phénomène était cantonné aux drogues utilisées dans les cancers précédemment étudiés dans notre livre de 2016, nous avons analysé d’autres médicaments essentiellement en fonction des demandes de nos correspondants internautes.

Et le constat est affligeant : près de 80% des médicaments anticancéreux mis sur le marché depuis 2003 l’ont été sans avoir apporté la preuve qu’ils pouvaient être utiles aux malades et la revue de la littérature à plus long terme montre qu’ils sont trop peu efficaces ou dangereux, sans que leur AMM soit suspendue.

L’EMA (agence Européenne du médicament), et la FDA américaine ont été créées pour assurer sécurité et efficacité des médicaments après les catastrophes et les scandales de médicaments, tels que ceux du distilbène dans les années 1950. Mais le lobbying des big pharma auprès des politiques et les liens d’intérêts des experts avec les firmes pharmaceutiques ont abouti en ce nouveau siècle à une politique axée sur la promotion de l’ «innovation » (confondue avec le progrès) reposant prioritairement sur la génétique comme si la foi avait remplacé l’analyse scientifique.

Depuis plus de 15 ans, sous prétexte de « soutien à l’innovation » (en réalité à l’industrie), les AMM sont délivrées le plus vite possible sans preuve réelle d’efficacité et de faible toxicité des médicaments. Schématiquement, les agences ne se basent plus sur la balance avantages/risques pour les malades, mais seulement sur l’efficacité de la drogue sur la tumeur, et se contentent de critères subjectifs (taux de réponse à trois mois ou durée de stabilisation tumorale pompeusement rebaptisée « durée de survie sans progression »), au lieu des critères objectifs classiques, tels que la durée de survie globale ou le taux de guérison.

L’insuffisante efficacité de l’EMA[1] et de la FDA[2] est mise en évidence depuis déjà longtemps. De nombreux articles[3] [4] [5] [6] [7]dénoncent la faiblesse des preuves d’efficacité et d’innocuité des nouveaux médicaments qu’elles autorisent à la vente et leur incapacité à obtenir des firmes les résultats des études complémentaires qu’elles se sont pourtant engagées à fournir.

Le parlement européen [8] doute également de l’objectivité des experts et menace régulièrement de ne pas reconduire le budget de l’EMA. Le Canard Enchaîné [9], la revue Prescrire[10] et les associations de consommateurs européens[11] vont dans le même sens.

 

Les modifications des règles d’obtention de l’AMM[12] délivrées par l’EMA permettent aux firmes de profiter plus longtemps des bénéfices financiers liés aux brevets, mais expose les malades aux risques d’une drogue insuffisamment testée, d’autant que ses autorisations s’imposent à tous les pays de l’UE et donc à la France. On transforme ainsi, à son insu, le malade en cobaye involontaire, ce qui est contraire à son intérêt, au code de Nuremberg et à la déclaration d’Helsinki de l’Association Médicale Mondiale.

 

L’étude des quelques drogues symboliques, met en évidence la nocivité des ces AMM « pony express» qui conduisent à des pertes de survie chez certains malades : 12 mois pour les malades traités par maintenance Iressa[13],par rapport à rien, 3 mois de survie en moins que la chimiothérapie avec le tarceva dans les cancers du poumon sans sélection génétique[14], 45 jours de survie en moins lors de l’ajout d’erbitux à la chimiothérapie des cancers du colon[15].

 

Nous développons dans ce livre l’Avastin*, drogue présentée dès 2005 comme miraculeuse dans différents cancers, jusqu’à sa suspension d’AMM dans le cancer du sein aux USA puis la notation par la HAS , ASMR (amélioration du service médical rendu) mineure en France dans cinq indications.

 

Nous soulignons les fréquentes modifications d’AMM des thérapies ciblées, qui témoignent de la découverte tardive d’une balance avantages risques défavorable dans certains sous-groupes[16] après qu’elles aient nui aux malades qui les ont subies ,et confirment que les études fournies pour obtenir l’AMM étaient tout à fait insuffisantes.

 

En fin de livre, après les quelques drogues choisies à titre d’exemples, nous rappelons sur les articles internationaux qui mettent en évidence ces dérives médicamenteuses depuis le début des années 2000 et sur nos propres études présentées au colloque de sous et surmédicalisation d’Avicenne d’avril 2017. Sur 32 études pivots [17] une confirmation complète des résultats présentés à l’EMA n’a été observée que dans à peine 30% des cas. Les résultats présentés aux agences du médicament minorent la toxicité dans la moitié des cas (16/32) et surestiment l’efficacité dans un tiers, faussant ainsi l’évaluation de la balance avantages/ risques en faveur de la nouvelle drogue.

 

Nous avons pensé que ce livre pourrait être utile, aux citoyens pour comprendre le monde actuel de la médecine cancérologique, aux malades pour interroger leurs cancérologues souvent heureux de sortir de leurs habits de robots imposés par la politique ministérielle, et aux médecins pour reprendre leur liberté par rapport aux ukases de l’institut national du cancer, via les RCP, réunions de concertation multidisciplinaires.

 

Les articles de grandes revues médicales (trop souvent écrits par des employés temps plein du labo), ou les « informations » délivrées par des professeurs liés aux firmes (souvent plusieurs , des sociétés savantes ou associations de malades sponsorisées sont très trompeuses surtout par leurs présentations. L’information utile est le plus souvent noyée dans un océan d’informations publicitaires sans cesse renouvelées par les firmes et de témoignages individuels sans grand intérêt scientifique. Les publications officielles de la FDA ou de l’EMA sont difficiles à décrypter, tant elles mettent en avant la fameuse « survie sans progression » (stabilité tumorale) et qu’elles oublient de mentionner la survie globale ou le risque de décès dû au médicament. Il faut se méfier particulièrement des essais « ouverts »[18] évalués sur des critères subjectifs (durée de survie sans progression, taux de réponse), des articles qui ne donnent pas la durée de survie globale en affirmant que « c’est prématuré », ou qui prétendent « notre médicament diminue de 30% le risque de mort ou de progression de la maladie » sans fournir ni les pourcentages absolus, ni les courbes de survie globale à 5 ans et des articles où les liens d’intérêts des auteurs ne sont pas mentionnés…

Dans ce livre, nous essayons de passer quelques messages importants.  

1°) l’AMM d’un médicament récent ne constitue plus un gage d’efficacité ni de sécurité, comme le constatait déjà G Apolone en 2005[19] et l’ont confirmé Lexchin en 2012 aux USA et R [20]Banzi et les associations de consommateurs en Europe[21] [22].

la « médecine de précision » est le plus souvent un leurre qui bénéficie d’une propagande trompeuse opiniâtre sans apporter de progrès indiscutables dans le traitement des tumeurs solides comme le démontre Vinay Prasad[23].

3°) le malade auquel on propose un « nouveau médicament miracle » devrait exiger avant de donner son accord au traitement proposé, la communication des articles princeps qui le démontrent et à consulter la fiche de transparence de la HAS pour vérifier que sa survie globale a des chances d’être réellement améliorée.

4°) Enfin nous essayons de faire comprendre aux citoyens que le prix démesuré des nouveaux médicaments et les charges imputées à la sécurité sociale menacent notre système de santé. lorsque le ministère accepte de payer 5000 euros par mois pour un médicament globalement peu utile et/ou trop toxique, c’est au détriment, non seulement des malades qui le prendront, mais aussi de l’ensemble des citoyens à qui on refusera le remboursement des lunettes, des appareils dentaires et des appareils auditifs et qu’on oblige à contracter une assurance complémentaire santé de plus en plus chère.

 

[1] La revue Prescrire • L’année 2016 du médicament : un système qui favorise l’imitation plutôt que la recherche de réels progrès Février 2017 • Tome 37 N° 400

[2] US Government Accountability Office “Drug safety – Improvement needed in FDA’s postmarket decision-making and oversight process” Report GAO-06-402, 2006. www.gao.gov: 63 pages.

[3] Naci H et al. Why the drug development pipeloine is not deliverign better medicines. BMJ 2015; 351: h5542

[4] L D, Lexchin “Why do cancer drugs get such an easy ride?” BMJ 2015; 350: h2068 doi: 10.1136/bmj.h2068

[5] European Medicines Agency. “Guideline on the scientific application and the practical arrangements necessary to implement the procedure for accelerated assessment pursuant to article 14(9) of regulation (EC) No 726/2004” EMA/CHMP/697051/2014-Rev. 1. Public Consultation launched on 23 July 2015.

[6] Frank C et al “Era of faster FDA Approval has also seen increased blackbox warning and market withdrawals” Health Affairs 2014; 33(8): 1453-1459.

[7] Kim C, Prasad V, 2015. Cancer drugs approved on the basis of a surrogate end point and subsequent overall survival: An analysis of 5 years of US Food and Drug Administration approvals. JAMA Internal Medicine.

[8] ECA (European court of auditors) (2012), Management of conflict of interest in selected EU Agencies ; Special Report no 15 2012 [archive] ; ISBN 978-92-9237-876-9

[9] « Le gendarme européen du médicament testé corrupto-positif », Le Canard enchaîné, 7 décembre 2011, p. 3.

[10] LA REVUE PRESCRIRE Agence européenne du médicament : confite d’intérêts JUILLET 2012/TOME 32 N° 345 • PAGE 535

[11] CRIIGEN, Fondation Sciences Citoyennes et ENSSER (European Network of Scientists for Social and Environmental Responsibility) Santé : l’expertise en question. Conflits d’intérêts et défaillances de l’évaluation 4 mars 2010 au Parlement européen

[12] approval under exceptional circumstances”, “conditional marketing authorisations” and ‘’accelerated assessment’.

[13] K Kelly et al Phase III Trial of Maintenance Gefitinib or Placebo After Concurrent Chemoradiotherapy and Docetaxel Consolidation in Inoperable Stage III Non–Small-Cell Lung Cancer: J Clin Oncol 26:2450-2456. © 2008

[14] Garassino and TAILOR trialists. Erlotinib versus docetaxel as second-line treatment of patients with advanced non-small-cell lung cancer and wild-type EGFR tumours Lancet Oncol. 2013 Sep;14(10):981-8

[15] C Tol et al Chemotherapy, Bevacizumab, and Cetuximab in Metastatic Colorectal Cancer N Engl J Med 2009;360:563-72

[16] par exemple maintenance par tarceva pour les malades souffrant de cancer des poumons sans mutation EGFR

[17] G. Delépine N. Delépine , S Alkhallaf Les résultats des études « pivot » en cancérologie sont-ils fiables ? 6ème colloque « Sur- et sous-médicalisation, surdiagnostics et surtraitements », les 28 et 29 avril 2017 à Bobigny

[18] C’est à dire réalisé alors que le malade et le médecin savent quel traitement est attribué au malade

[19] G Apolone « new anticancer agents are still often approved on the basis of small single arm trials that do not allow any assessment of an ‘acceptable and extensively documented toxicity profile and of end points such as response rate, time to progression or progression-free survival which at best can be considered indicators of anticancer activity and are not ‘justified surrogate markers for clinical benefit » in Ten years of marketing approvals of anticancer drugs in Europe: regulatory policy and guidance documents need to find a balance between different pressures British Journal of Cancer (2005) 93, 504–509

[20] Lexchin J “New drugs and safety: what happened to new active substances approved in Canada between 1995 and 2010?” Archives of Internal Medicine 2012: 172:1680-1.

[21] Rita Banzi « In most cases there was limited evidence supporting the positive benefit–risk balance at the time of approval. Delays or discrepancies in the fulfilment of obligations allowmedicinal products with unsettled benefit–risk profiles onto the market for several years. »Approvals of drugs with uncertain benefit–risk profiles in Europe European Journal of Internal Medicine 26 (2015) 572–584

[22] Joint response to EMA public consultationA PRIME example of how EMA is pushing for accelerateurs et des laboratoires pharmaceutiqueed market approvals, but at what cost for patients? 23 December 2015

[23] Vinay Prasad «When considerd objectivly , the prospects and potential of precision oncology are sobering Precision oncology has not been shown to work, and perhaps it neverwill» The precision-oncology illusion Nature september 2016, 537 Precision medecine outlook perspective © 2016 Macmillan Publishers

22 European Medicines Agency (2015). Reflection paper on a proposal to enhance early dialogue to facilitate accelerated assessment of priority medicines (PRIME). Draft. EMA/CHMP/55760/2015

23 European Medicines Agency. Glossary. Available at http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/document_library/landing/glossary.jsp&mid=&startLetter=I

24 Fojo T, Mailankody S, Lo A. Unintended consequences of expensive cancer therapeutics – the pursuit of marginal indications and a me-too mentality that stifles innovation and creativity. The John Conley lecture. JAMA Otolaryngol Head Neck Surg 2014;140:1225-36

25 Kim C, Prasad V, 2015. Cancer drugs approved on the basis of a surrogate end point and subsequent overall survival: An analysis of 5 years of US Food and Drug Administration approvals. JAMA Internal Medicine.

MA RÉPONSE SE RAPPORTE À L’ARTICLE CI-DESSOUS SUR LES POSITIONS MINISTERIELLES AVANT TOUTE DISCUSSION PARLEMENTAIRE , PARLEMENT QUI APPAREMMENT EST QUANTITE NEGLIGEABLE

Quel manque de respect de la ministre  pour tous les citoyens ! fin de la récré ??????  Changement de ton avez -vous dit ?? et en même temps mépris autoritarisme  violence

On est dans la logique actuelle  démocratie sanitaire  et en même temps contrainte et dans orwell : la contrainte vise à rendre la confiance !! fallait oser !

Resterez-vous passifs ? encore un fois je crois qu’il ne faut pas poser le pb en termes de discussion médicale (là elle nous intoxique avec ces morts ! les morts de cancer par non respect des protocoles efficaces éprouvés n’est pas un sujet apparemment pas plus que les morts à l’hôpital iatrogènes faute de personnel et de pharmacovogilance  ou les morts des gens agés en ephad ) etc ….

Le problème ici est la perte de liberté des citoyens et de leurs médecins et à ce que je sache il n’y a pas d’épidémies dans tous les pays qui respectent le libre choix comme la cour constitutionnelle de l’Europe l’impose (dont nos voisins suisses, allemands etc ) sont -ils inconscients ? allons nous aussi leur faire des leçons dans ce domaine ???

Comme disent le président et son ministre, lapsus ou pas… l’état de droit prend l’eau.

Ne nous égarons pas dans des problèmes médicaux , car ils feront toujours croire aux patients et citoyens que les réseaux sociaux mentent, le problème est celui du droit constitutionnel de disposer librement de son corps.

Quant à nous médecins, quelle que soit notre position médicale, le problème ici est de ne pas perdre notre indépendance professionnelle qui est dans notre code de déontologie. Si nous devons appliquer les décisions médicales décidées par une ministre ou un autre, il en est fini de notre honneur de médecin et du respect de nos valeurs  on voit les dégats en cancerologie où ce principe s’applique depuis une diz d’années et ses dégâts majeurs. Et la perte de liberté des médecins  qui n’ont pas le droit de prescrire si pas oncologues (eux bien formatés dans leur formation)

Le diplôme de médecin est ubiquitaire et chaque restriction à sa pratique ne devrait pas être acceptée ; espérons que le nouveau syndicat UFML s’emparera de ces empiètements à la liberté de soigner et d’etre soigné.

COMME L’ONT SCANDE DES MILLIERS DE MEDECINS ET SOIGNANTS LE 15 MARS 2015  LA LIBERTE NE SE NEGOCIE PAS  

Qu’en est -il aujourd’hui chaque jour un peu pire ?

Qu’en disent les juristes ?

 

Nicole Delépine

 

Quotidien du Médecin –  15 SEPT 2017

« Je suis une fervente partisane de la démocratie sanitaire, mais je siffle la fin de la récré, car il y a des enfants qui meurent (…) On parle d’un risque sanitaire ! » a répondu Agnès Buzyn à Nicolas Demorand qui l’interrogeait sur le bien-fondé et la pertinence d’une loi rendant les 11 vaccins pédiatriques obligatoires (et non seulement le DTP comme aujourd’hui) dans un contexte de responsabilisation croissante d’un patient toujours plus expert, au cours de la matinale radio de France inter du 15 septembre.

La ministre de la Santé a défendu l’idée que « la contrainte vise à rendre la confiance ». « Le manque de confiance est véhiculé par des informations qui circulent sur les réseaux sociaux. Il faut lutter contre les fausses informations. C’est compliqué pour les pouvoirs publics », a-t-elle reconnu. Cette défiance à l’égard de la vaccination conduit à faire tomber le taux de couverture vaccinale à 80 % pour les vaccins fortement recommandés (alors que l’OMS préconise un taux de 95 %). Les sondages montrent même une éventuelle baisse du taux de vaccination contre le DTP de 15 % si ces valences n’étaient plus obligatoires, a précisé Agnès Buzyn, jugeant la situation « inquiétante ».

Appelant à faire œuvre de pédagogie, la ministre de la Santé a montré la voie, en rappelant les arguments en faveur d’une vaccination universelle (comme elle l’a fait sur Cnews, fin août). « Les 15 % d’enfants encore non vaccinés (outre le DTP) doivent l’être pour protéger l’ensemble de la population, notamment les nourrissons, les enfants qui souffrent de cancer et de leucémie, immunodéprimés, qui peuvent mourir de ces maladies. Il y a 10 enfants morts de la rougeole ces dernières années qui n’étaient pas vaccinés. Il y a 2 000 cas d’hépatite B chez nos jeunes », a-t-elle dit.

Clause d’exemption ou non, l’exigibilité demeure

Les vaccins ne sont pas dangereux, a-t-elle continué, la preuve par l’exemple : « 80 % des enfants français reçoivent les 11 vaccins. Et ils ne sont pas malades, ils ne souffrent d’aucune maladie ». Interpellée sur la présence d’aluminium comme adjuvant dans certains vaccins : « Nous en mangeons (par ailleurs) tous les jours de très grandes quantités. (Pour les vaccins) Il n’y a aucun risque, tous les rapports le montrent », a-t-elle réagi.

La ministre a estimé nécessaire d’aider les médecins, avec des outils pédagogiques, à expliquer la vaccination à leur patientèle. « Lorsqu’un médecin prend le temps, les parents adhèrent plus facilement », observe-t-elle.

Quant à l’éventuelle introduction d’une clause d’exemption, comme suggérée dans les conclusions de la concertation citoyenne, présidée par le Pr Fischer, l’analyse juridique est toujours en cours, a répondu le Pr Buzyn. Clause d’exemption ou non, les vaccins seront exigibles et exigés pour toute entrée dans la vie en communauté, a-t-elle ajouté.

La ministre a aussi fait part de son souhait de lancer une mission sur les médicaments, pour éclairer un paradoxe français : la défiance à leur égard, en même temps qu’une consommation très importante.

Évaluation de l’application de la loi Leonetti Claeys

« Je comprends à titre individuel » le choix d’Anne Bert, écrivaine atteinte de la maladie de Charcot, qui a décidé de recourir à l’euthanasie en Belgique, a affirmé Agnès Buzyn. Néanmoins, la ministre a dit vouloir d’abord évaluer le déploiement sur le terrain de la loi Leonetti Claeys sur la fin de vie, avant d’envisager toute évolution, éventuellement dans le cadre de la révision des lois de bioéthique, prévue en 2018. « Une société doit être mature pour prendre certaines lois », a-t-elle commenté. « Quelle est votre intime conviction sur le sujet » ? « Je ne suis pas sûre que cela ait un intérêt pour les Français » a répondu la ministre à Nicolas Demorand.

Et de faire preuve d’une grande prudence dans sa réponse à Marie-Geneviève Lambert, sœur de Vincent Lambert, qui l’interpellait plus tard sur le rôle que pouvaient avoir les pouvoirs publics à l’égard de l’hôpital qui tarde à reprendre la procédure collégiale ordonnée par la justice« Ce n’est pas un sujet à traiter à l’antenne d’une radio. Je le traiterai directement avec les personnes concernées », a-t-elle promis.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

Cet article fait partie du dossier Vaccination : au-delà de la polémique

 

Nicole et Gérard Delépine interviendront lors du 2ème congrès Médecine du Sens : « Soigner l’Homme, Sauver la Terre » les 3 & 4 février 2018 à Aix les Bains.

L’intervention des Drs Nicole et Gérard DELEPINE portera sur  « La casse du système de santé français en 40 ans :  comment, pourquoi, pour qui ? Comment remonter la pente ? »

Plus d’informations sur l’événement en cliquant ici.

Marisol TOURAINE, Agnès BUZYN, deux ministres en charge de la santé, aussi peu soucieuses d’efficience l’une que l’autre !

Le 17 mai 2017 avait lieu Avenue de Ségur la passation de pouvoir entre Marisol TOURAINE, ministre en charge de la santé pendant tout le quinquennat du Président François HOLLANDE et Agnès BUZYN, choisie par le nouveau Président Emmanuel MACRON.

Marisol TOURAINE, n’a pas été un bon exemple pour Agnès… 

Juste une semaine auparavant, elle faisait signer en son nom par deux de ses proches collaborateurs un arrêté d’inscription du KEYTRUDA®, pembrolizumab, sur la liste des médicaments onéreux remboursés en sus des prestations d’hospitalisation (dite « liste en sus », traduire « gratis » pour les hôpitaux) dans l’indication de certains cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC) localement avancés ou métastatiques prétraités par chimiothérapie (Donc un traitement en 2ème ligne).

Retrouvez ici l’intégralité de l’article : http://www.puppem.com/Pages/Actualites.aspx.

 

Article du Dr Nicole Delépine

Selon les chiffres officiels, 14 milliards d’euros sont consacrés aux soins médicaux du cancer, soit près de 10 % des sommes totales dépensées pour ce poste évalué à 150 milliards d’euros globalement en 2010.

Dans cette tribune nous ne pourrons aborder ce jour tous les aspects économiques multiples liés au cancer, à son traitement, à ses implications sociales. Nous aborderons ici les problèmes liés au remboursement sans frein des molécules dites innovantes en cancérologie en France.  Parler d’argent quand on parle de soins relève du politiquement incorrect. Mais parler du traitement du cancer de façon angélique ne servirait qu’à masquer la cruelle réalité. Les ressources, même de pays riches comme la France, sont limitées et imposent des  choix dans les remboursements  entre les soins couteux  des patients atteints de pathologies lourdes, le remboursement des lunettes, des dents et des appareils auditifs de la population vieillissante ou les fivetes pour stérilité médicale et sociale.

Le cancer coûte cher. Selon les chiffres officiels, 14 milliards d’euros sont consacrés au soins médicaux du cancer, soit près de 10 % des sommes totales dépensées pour ce poste évalué à 150 milliards d’euros globalement en 2010. 350 000 personnes sont atteintes chaque année par un cancer et plus d’un million de personnes bénéficie de la prise en charge à 100 % pour les affections malignes en additionnant nouveaux et anciens patients. Au total près de 2 % de la population dépense plus de 8 % du budget de consommations de soins.

Au sein de ces 14 milliards consacrés au cancer, un milliard et demi d’euros est payé par la Sécurité Sociale pour les nouvelles molécules par des processus dérogatoires bénéficiant de prix non négociés avant qu’elles n’aient obtenu l’autorisation de mise sur le marché et que les prix aient pu à cette occasion être débattus. Est-–ce bien raisonnable ?

Que sont les molécules dites « innovantes et couteuses, « qui bénéficient de ce régime dérogatoire » de remboursement ?

Il s’agit de médicaments nouveaux (au début, ensuite cela dure !) n’ayant pas encore subi les différentes phases des essais cliniques qui leur permettraient d’avoir une autorisation de mise sur le marché selon les procédures règlementaires habituelles d’analyse de leur utilité et après négociation sur les prix de remboursement. Quelques études préliminaires, fournies par les laboratoires (sans examen contradictoire) largement médiatisées prétendent qu’elle pourraient modifier le pronostic d’une maladie mortelle ou chronique invalidante et c’est parti. Et les agences de communication tendent à culpabiliser les autorités sanitaires des méchants pays qui ne se laissent pas tromper et n’acceptent pas ce système (comme l’Angleterre).

Pour des raisons qui nous échappent et nous choquent (incompétence ou corruption ?), certains laboratoires ont obtenu cette procédure dérogatoire affligeante dès 2003 à l’occasion de la mise en chantier du plan cancer. Elle perdure à travers tous les changements politiques. Le ministère de la santé affiche des bons sentiments et brandit la sacrosainte équité pour autoriser toutes les inégalités et tous les excès ; que tous les patients « bénéficient de l’innovation » tout de suite, sans attendre ne serait ce que pour leur garantir la sécurité minimale ! Pour nos politiques, l’innovation serait toujours synonyme de progrès ! Les scandales du médiator de la pilule et les autres n’ont pas fait rediscuter ce système, pas plus que  le principe de précaution. Mais ces bons sentiments affichés ne sauvent pas les médicaments de confort (habituellement des génériques) peu chers que les malades aiment bien et dont les risques éventuels sont parfaitement connus, que l’on dérembourse au nom des économies indispensables qui économiseront pinuts ! (il faut bien ouvrir faire de la place pour de nouvelles molécules alternatives très chères).

Essais cliniques remboursés à 100 % par la sécurité sociale

Comble d’efficacité pour les bénéfices des labos, ces molécules prétendument miracles n’ont pas fini leur long parcours de test et leur commercialisation est de fait « un essai clinique » remboursé par l’assurance maladie à prix non négocié (et de fait aussi cher que peuvent le supporter les assurances selon les pays) ! On croit rêver mais c’est la loi dénoncée par de nombreux acteurs du système de santé, les rapporteurs de l’IGAS, de la Cour des comptes, des rapports du Sénat année après année, sans effet. Jackpot supplémentaire : ils sont remboursés à 100 %. 

L’apparence : des avantages pour certains acteurs qui se taisent pour que surtout rien ne change

Les patients croient bénéficier des « meilleurs traitements » puisqu’on leur laisse entendre que nouveau est synonyme de progrès, ce qui en matière de médicament s’avère souvent faux (rappelez vous les catastrophes du Vioxx dernier antiinflammatoire en vogue et ses 28 000 morts aux USA, et l’intérêt très discutable des pilules de dernière génération).

Les hôpitaux touchent des subsides supplémentaires importants pour ces molécules qu’ils ne pourraient en aucun cas assumer avec les paiements des séjours à l’activité. Ce système est inflationniste, il pousse à la prescription préférentielle de ce type de traitement puisque grâce à lui les hôpitaux n’ont pas à payer le prix des autres molécules anticancéreuses incluses dans la dotation générale. De plus les hôpitaux se créent une clientèle captive puisque ces dérogations ne sont accordées qu’à l’hôpital public et certains établissements privés.

Les laboratoires font assurer le développement de leurs molécules au frais de la collectivité à des prix exorbitants non négociés puisque la négociation ne vient qu’au moment de l’obtention de l’autorisation de la mise sur le marché. On se demande bien pourquoi cependant ! Il suffirait d’amender la loi. Qu’attend –on ?

Les médecins hospitaliers, comme les patients, croient au miracle et sont flattés de faire bénéficier tôt leurs malades de l’innovation sans la lourdeur de la participation à l’essai clinique traditionnel. Ils sont bien vus des directions puisqu’économes des deniers de… l’hôpital ! Il faudra qu’un jour cesse cette contradiction entre les intérêts de l’hôpital public et ceux de la Sécurité sociale ! La tarification à l’activité est un summum de cette concurrence.

Inutile de dire que cette situation d’exception apparemment idéale pour tous (sauf pour la sécurité sociale) dure aussi longtemps que possible et on oublie, contrairement à la loi, de faire retirer le médicament payé à prix d’or voire de diamant par la sécu de la fameuse liste pendant de longues années !

La réalité : les victimes

Au-delà de la vache à lait qu’est la Sécurité sociale, les victimes sont parfois, voire souvent les patients qui de ce fait ne bénéficient pas des traitements éprouvés pour leur maladie, qui en guérissaient un certain nombre et sont complètement oubliés au bénéfice de ladite innovation. Tellement oubliés qu’on ne les leur propose pas après l’échec régulier de ces molécules (pas si miracles que cela). Des pertes de chance de survie souvent par l’ignorance des schémas de traitements classiques efficaces. N’oublions pas qu’on guérissait avant l’an 2000 et l’ère des remboursements dérogatoires plus de 50 % des cancers chez l’adulte et plus de 75 % chez l’enfant. Insuffisant certes mais non négligeable. Les jeunes cancérologues ont souvent oublié ces notions, pétris de science moderne et d’illusions sur l’innovation. Le plus grave est qu’il ont intériorisé à tort l’idée que si les molécules coûteuses ne marchent pas, rien ne marchera et en convainquent les patients trop vite abandonnés.

Victimes aussi du système, les médecins de ville complètement oubliés dans l’affaire qui ne savent que rarement ce que reçoit leur patient, les effets secondaires à craindre et comment y réagir. Ils n’ont bien évidemment pas participé à la décision thérapeutique alors qu’ils devraient être au premier rang décisionnel .

Les vraies raisons de cette folie à 1,5 milliard d’euros annuel

Garantir à tous les français l’accès aux innovations thérapeutiques était la bonne intention affichée ayant présidé à la création de la liste des médicaments et des dispositifs médicaux implantables pris en charge par l’assurance maladie en sus des prestations d’hospitalisation. Mais la réalité est effrayante. Tant l’Académie de Médecine que le comité national d’Ethique et l’IGAS s’étonnent de cette dérive coûteuse encore plus scandaleuse en temps d’austérité, sans grand effet pour l’instant sur le ministère de la Santé qui renouvelle année après année ce processus dérogatoire. D’autres, comme nous à travers tribunes variées et le livre « Le cancer, un fléau qui rapporte » insistent sur cette aberration tragiquement coûteuse au seul service de Big Pharma qu’elle finira par dévaloriser dans son image.

Des lettres, des protestations de médecins et de pharmaciens à l’intention de Mme la Ministre en écho aux rapports instructifs de l’IGAS et de la Cour des comptes  sont sur le net, tout le monde est au courant alors pourquoi ou plutôt pour qui cette gabegie.

Un exemple :

« 27/07/2012 – lettre de François Pesty à Madame la Ministre, 

Vous ne pourrez plus ignorer comme votre prédécesseur, la recommandation 2010-25 du Conseil de l’Hospitalisation, après ces 2 rapports de l’IGAS qui pointent du doigt la mauvaise gestion de la liste des médicaments onéreux ! Faisant suite à la diffusion publique ce mois-ci de deux rapports de l’IGAS pour « battre le fer pendant qu’il est encore chaud », nous vous proposons de répondre à 3 questions essentielles : Quel est le progrès thérapeutique réellement apporté par les dix molécules anticancéreuses les plus couteuses de la liste en sus en 2010 ? Sans réponse ministérielle, je réponds « très faible » en accord avec mes collègues. Quel est le progrès thérapeutique réellement apporté par les molécules anticancéreuses inscrites sur la liste en sus en 2011 et 2012 ? La réponse non obtenue est évidemment la même. Les radiations de médicaments anticancéreux de la liste en sus ont-elles respecté les principes définis par le Conseil de l’hospitalisation ?   Bien sûr que non. La recommandation 2010-25 impose une gestion active de la liste en sus : « Les médicaments à ASMR IV ou V qui bénéficient d’une alternative thérapeutique pris en charge dans les tarifs des GHS, ne seraient plus inscrits sur la liste. En outre, un nouveau médicament d’ASMR IV ou V dont une alternative thérapeutique est déjà inscrite sur la liste en sus, ne pourrait l’être qu’à la condition d’une baisse globale des prix de la classe concernée » Il n’en est rien.

Et qu’on ne nous dise pas comme le prétend le président de la haute autorité de santé que le classement de l’ASMR est complexe. Comme le dit M. Pesty, il suffit de savoir compter jusqu’à cinq pour comprendre quel est l’apport réel d’un nouveau médicament sur l’arsenal déjà existant : Niveau I = progrès majeur ; Niveau II = progrès important ; Niveau III = progrès modeste ; Niveau IV = progrès mineur ; Niveau V = progrès nul ou absence de progrès. Or les molécules dites innovantes remboursées par la sécurité sociale avant l’étape de l’autorisation de mise sur le marché n’apportent en règle générale qu’une amélioration très faible quand elle existe.

Une nouvelle fois dans le rapport de l’IGAS de février 2012  les rapporteurs insistent sur le caractère « dispendieux, opaque, irrationnel et non éthique, profitant plus aux firmes pharmaceutiques qu’aux patients ». La réalité du caractère innovant des anticancéreux de la liste en sus est largement mise en doute. Plutôt de de jeter la pierre aux Anglais qui ne remboursent pas systématiquement et aveuglément les molécules onéreuses, il faut tenter de répondre aux questions posées à la Ministre et restées sans réponse.

L’agence technique de l’information sur l’hospitalisation en  juillet 2011  détaille le poste des médicaments remboursés en sus : « des dépenses galopantes dans les établissements publics de santé et sous contrôle dans le privé ». Pour quels résultats : faibles voir très faibles (pour rester modérée).

Des résultats contrastés entre l’Angleterre qui ne rembourse pas ces médicaments et la France qui paie rubis sur l’ongle et l’amélioration des taux de guérison ! Restons vigilants ! Le British Medical Journal (BMJ), dans une étude sur la survie des cancers du sein basée sur les données de l’OMS, le Royaume Uni, probablement le seul à refuser le remboursement de nouveaux médicaments au rapport coût/bénéfice défavorable, est le plus performant, avec une réduction de la mortalité de 35 % en Angleterreet au Pays-de-Galles, de 29 % en Irlande du Nord, et de 30 % en Ecosse. La France, qui a mis en place un système en « faveur de l’innovation », avec la liste des médicaments onéreux arrive bonne dernière, avec seulement 11 % de réduction de la mortalité par cancer du sein en près de 30 ans !

Citons le BMJ « dans plusieurs pays, des modifications plus importantes de la mortalité étaient attendues compte tenu des efforts et des ressources consacrés au combat contre le cancer du sein. Par exemple, la baisse de la mortalité a été particulièrement modeste en France, alors qu’elle dispose de l’un des nombres les plus élevés de centres de mammographie par million de femmes, que ses dépenses de médicaments anticancéreux sont les plus fortes, que ce pays se situe à la pointe des utilisateurs de nouveaux traitements coûteux, et qu’il consacre beaucoup de moyens pour renforcer le respect des recommandations ». 

Les chiffres et les résultats

En 2010, les anticancéreux ont représenté 54 % des dépenses de la liste en sus des établissements publics, soient 1,06 milliard d’euros. Les dix premières molécules anticancéreuses de la liste en sus totalisaient 980 millions d’euros de dépenses en 2010, soit 92,4 % du total. AVASTIN®, HERCEPTIN® et ALIMTA® ont présenté une croissance à 2 chiffres en 2010. L’INCa publie enfin les dépenses pour 2010 des médicaments anticancéreux de la liste en sus dans les établissements privés (à but lucratif). La dépense totale s’est élevée à 493 millions d’euros.

Les huit molécules communes aux deux types d’établissement représentaient 449 millions d’euros et 91,1%  de la dépense totale. Au total, 1,330 milliard d’euros  ont été dépensés en 2010 par l’hospitalisation publique et privée pour ces dix plus coûteuses molécules anticancéreuses de bénéfice pour les patients très limité. Le bilan réalisé par la HAS pour l’année 2011 montre par cette instance officielle qu’aucune molécule anticancéreuse ne s’est vue attribuer l’an passé une ASMR de niveau I ou II, en d’autres termes, aucune d’entre elles n’apportent une amélioration significative.

Près de 80 % des indications principales des dix molécules les plus onéreuses utilisées dans le cancer et inscrites sur la liste en sus apportent un progrès thérapeutique nul, mineur, modeste, ou non mesuré, alors que ces molécules mobilisent 90 % des ressources financières !

D’après l’étude détaillée de M. Pesty sur la liste des médicaments de la liste en sus en 2011 et 2012, 16,7 % des indications des molécules anticancéreuses inscrites sur la liste en sus depuis 2011 apportent un progrès important, soit seulement une sur six ! Et aucune n’amène un progrès majeur. A contrario, plus de la moitié des indications apportent un progrès mineur, nul ou non évalué, ce qui ne devrait pas autoriser l’inscription sur la liste en sus. Enfin, près de trois indications sur dix ayant fait l’objet d’inscription sur la liste correspondent à un progrès modeste .

L’effet pervers supplémentaire est lié au fait que l’AMM obtenue, le médicament devrait sortir de la liste en sus, mais alors les médecins seront poussés comme on l’a souligné plus haut à prescrire celui qui ne coutera rien à son hôpital. Ainsi malgré les principes adoptés par le conseil de l’hospitalisation en 2010 : « Il convient dans tous les cas d’examiner la situation des médicaments à même visée thérapeutique afin de préserver une égalité de traitement », les molécules anticancéreuses radiées qui offrent  une alternative tout à fait crédible dans leurs indications principales aux médicaments beaucoup plus onéreux qui sont restés sur la liste seront probablement délaissées voire abandonnées par leur fabriquant. Il aurait été bien préférable de radier par la même occasion pour les indications où ils apportent un progrès mineur ou nul, toutes les molécules partageant les mêmes visées thérapeutiques.

A titre d’exemple M. Pesty se demande pourquoi avoir conservé le pémetrexed, ALIMTA® sur la liste en sus alors que l’on a radié le paclitaxel, et que la première molécule n’apporte aucun progrès et coûte 71 fois plus chère que la seconde ? Nous avons tous des explications crédibles ! Nous ne détaillerons pas l’examen de chaque drogue, exercice purement médical mais l’analyse montre que de nombreux médicaments passés par la case innovation et liste en sus sont finalement retombés au service médical rendu de 5 comme le yondelis porté si longtemps aux nues par les communiquants du cancer. Cela est bien triste, car au-delà de l’argent gâché, il a privé les patients de médicaments plus efficaces et mieux tolérés.

Que faire ? La liste en sus est une aberration médicale et administrative. C’est une niche financière pour les Big pharma à supprimer purement et simplement. La « négligence » des politiques à son égard est coupable pour ne pas dire suspecte. Le président de la Cour des comptes ne peut faire autre chose que le rappel au rééquilibrage des comptes de la Sécurité sociale en particulier. Alors les politiques responsables doivent en tirer les conséquences.

Loin de moi l’idée d’accepter de ne plus traiter les malades aussi bien que possible, nous n’en sommes pas là. L’analyse du plan cancer a montré a quel point nous sommes encore riches et combien d’argent passe à la trappe inutilement, distribué en pluies et mal ou pas utilisé. Mais revenir à la raison serait tout bénéfice pour les malades et économique pour la Sécurité sociale.

Profitons pour rappeler les milliards d’économies possibles sans effet nocif pour les patients – bien au contraire !

En diminuant drastiquement les prescriptions de statines anticholestérol (1 milliard d’euros), d’antidépresseurs tous azimuts (1 milliard d’euros), en supprimant les dépistages inutiles et dangereux (1 milliard d’euros) et en supprimant la liste en sus pour les cancers (encore au moins 1 milliard d’euros ) et bien sûr en s’attaquant aux multiples doublons des agences sanitaire, en rapatriant les fonctionnaires à l’hôpital ou dans les ministères, en cessant d’arroser les médecins chercheurs, directeurs d’hôpitaux (…), de subventions éparses et variées inutiles et dispendieuses. Faut il par exemple donner de l’argent à des médecins hospitaliers et professeurs pour se réunir dans des salles de réunions  pour les concertations pluridisciplinaires ?

Le chiffrage de la gabegie des agences (25 % du budget de l’état) est  très élevé comme le démontre le rapport de l’IGF de septembre 2012. Les 18 agences sanitaires répertoriées par le sénateur Bur pourraient être regroupées rapidement et source de belles économies comme il le propose dans ce travail. Si la France veut relever la tête, il ne faut plus s’arrêter à faire des diagnostics comme les nombreux rapports parlementaires, de la Cour des comptes ou autres en attestent souvent courageusement et précisément, il faut passer aux décisions courageuses et efficaces. Sinon on va dans le mur et les politiques seront décrédibilisés. Quoi  de plus dangereux pour la démocratie ?