« Non à la légalisation de l’euthanasie -aide à mourir et crise de civilisation »

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« NON A LA LEGALISATION DE L EUTHANASIE » Editions Marco Pietteur Médicatrix que nous remercions d’avoir autorisé cette publication en urgence pour tenter d’éclairer les députés du vécu des patients, soignants au moment où cette loi est en troisième lecture à l’Assemblée malgré l’opposition montante des citoyens et refus répété des sénateurs.
voici un extrait en début de livre :
» Au temps où une nouvelle loi voudrait instaurer un droit à l’aide à mourir, sans barrières, sans obstacle, même pas un véritable délai de réflexion, il semble que le temps de la discussion apaisée et prolongée s’impose.
Quelle urgence à clore les débats en quelques jours, et balayer des centaines d’amendements en quelques heures, dont la nuit de préférence ? Ce sujet par quel que bout qu’on le prenne est complexe, délicat, douloureux et ne peut en aucun cas être résolu par une loi aussi mal préparée et si peu réfléchie. Il s’agit d’un problème intime qui appartient à la vie privée et la faire passer dans le champ public relève de l’équilibrisme. Pourquoi ce jeu pervers qui revient sur le tapis en fin de cycle d’un quinquennat particulier, en temps de guerre de surcroit ? Quelle urgence, si ce n’est imposer une loi que rejette 80 % des Français et que ceux qui la souhaitent ne veulent pas forcément la défigurer en supprimant tous les garde fous, la transformant en simple « permis de tuer ».
Quels buts cachés, inavouables justifieraient-ils cette pseudo urgence ? Résoudre le problème des retraites, de la vétusté (organisée) du système de santé et ses morts répétitifs aux urgences sans besoin d’injection létale… ? Ou plus encore, un besoin idéologique non satisfait du pouvoir en place pour les lois transhumanistes, dont celle pour l’euthanasie serait le bouquet final ?
Un sujet intellectuel, humain, et non politique qui ne devrait en aucun cas être légiféré au milieu de l’émotion, de l’expérience personnelle des uns et des autres et loin de notre éthique médicale qui exige neutralité, compassion et bienveillance.
Mon premier contact avec ce vaste et terrible problème surgit sans prévenir dans les années 1980 alors que je travaillais avec l’équipe des professeurs Mathé et Schwartzenberg à l’hôpital Paul brousse à Villejuif (dont la métastase fut l’institut Gustave Roussy dans le même lieu, puis à quelques km ). Notre service de pédiatrie, situé dans le 19 ième arrondissement de Paris à l’hôpital Hérold, collaborait depuis peu pour les tumeurs solides avec le célèbre service de cancérologie du PR G Mathé[1].
A cette occasion, nous eûmes à prendre en charge quelques patients en fin de vie dont une jeune adolescente pour laquelle le père souhaita l’aide du PR Leon Schwartzenberg. Celui -ci était connu pour accepter de faire quelques euthanasies au domicile de patients et vint à l’hôpital Herold pour aider cette belle jeune fille. Je la revois comme si c’était hier, quelques 44 ans plus tard, (anticipant le chapitre sur l’impact émotionnel ineffaçable d’un tel acte, laissé chez les soignants et les familles, dont nous reparlerons).
Mais la leçon magistrale que me donna ce jour-là le célèbre et réputé professeur fut la règle intangible qu’il me conseilla de défendre au maximum dans toute ma vie de médecin : ne jamais laisser légiférer, jamais, car cela ouvrirait la porte à toutes les dérives.
C’est peut-être ce souvenir qui me donne aujourd’hui le courage de m’attaquer à ce douloureux sujet, en mémoire de Claire[2] et de Léon Schwartzenberg et de leurs combats respectifs.
- Schwartzenberg fut d’abord connu avec le Pr Georges Mathé en 1958 pour avoir traité et sauvé des savants yougoslaves irradiés grâce aux premières greffes de moelle osseuse, avec la participation du clinicien bosniaque Hekalo Irvin.
Il fut ensuite un cancérologue très[3] médiatique et en 1977, alors que le cancer n’était évoqué que comme « une longue et douloureuse maladie », il publia Changer la Mort, en collaboration avec le journaliste Pierre Viansson-Ponté, où ils plaidèrent en faveur de la vérité au malade, en toutes circonstances.
« La vérité doit toujours être dite, elle est toujours positive ».
C’est à cette même époque vers 1978 qu’il entra dans le combat naissant sur l’euthanasie.
Il prit la défense du droit de mourir dignement[4]. Il dira au cours de l’émission « Apostrophes » sur France 2 : « Je suis simplement contre le maintien à tout prix d’une vie qui n’est plus une existence ».
Il mit en exergue les contradictions de la société : « Mentir aux cancéreux par compassion et dire la vérité à ceux qui ont le sida par peur de la contagion, cela procède d’une égale saloperie », disait-il à l’apparition de cette maladie.
On est loin de l’injection létale accordée par un seul médecin et oralement, satisfaite dans les 48 heures et dont le consentement dit éclairé reste très douteux. On est à l’ époque où certains médecins acceptent de violer leur serment d’Hippocrate pour soulager un patient souffrant et incapable de se suicider. Rien de plus, surtout rien de plus.
Avec Requiem pour la vie (1985), il s’attaqua à ce tabou, l’euthanasie. En 1991, l’Ordre des Médecins le suspendit d’exercice pour un an pour avoir révélé dans la presse, en 1987, l’euthanasie réalisée chez un malade incurable. En 1993, le Conseil d’État annula cette décision. C’est ce qu’il m’expliqua clairement en 2000 : j’utilise ma notoriété médiatique pour protéger les médecins de famille au fin fonds de leur campagne, qui pourraient être amenés à faire ce geste pour un de leurs malades et seraient poursuivis. Grâce à mon exemple médiatisé, ils seront jugés, ce qui est normal et indispensable, mais auront après enquête un non-lieu. Mais ne jamais légiférer ! »
C’est en 1978 que le débat sur l’euthanasie prit forme sur les ondes et à l’assemblée.[5] À l’époque, sur cette question encore taboue, deux personnes prirent publiquement position en faveur de l’euthanasie : le cancérologue Léon Schwartzenberg et le sénateur Henri Caillavet.
Et dans une même édition du JT, le professeur Schwartzenberg, pourtant favorable à l’euthanasie, émit des réserves sur le projet de loi Caillavet qu’il jugea inapplicable. Un sondage de la Sofres, publié dans le Figaro du 8 juin 1978, montra 43 % des personnes interrogées favorables au projet, contre 48 % défavorables. Le débat se poursuivit un temps sur les plateaux télé. En plateau, le professeur Schwartzenberg réitéra ses réserves sur la proposition de loi d’Henri Caillavet. Le projet de loi sera finalement rejeté en séance publique le 7 mai 1980. Il faudra attendre la loi Leonetti de 2005 pour que l’arrêt des traitements soit autorisé et que le refus de l’acharnement thérapeutique soit reconnu.
En février 80, dans le magazine « L’Homme en question », le professeur Léon Schwartzenberg explicitait sa position sur cette question difficile.
« L’euthanasie, tout le monde en parle, c’est un mot horrible, il n’y a pas de bonne mort », avouait-il, tout en explicitant « les conditions dans lesquelles elle pourrait intervenir, notamment pour soulager les souffrances en fin de vie ».
Estimant les drogues utilisées alors pour soulager « inefficaces »[6], il ne voyait pas d’objection à « donner la recette pour soulager vraiment », à condition que la demande émane du malade lui-même. Cette prise de position, il l’assumait, reconnaissant son côté provocateur : « C’est vrai, je suis provocateur contre ceux qui laissent de côté des malades en promenant une existence, qui demeure la leur, pendant que des malades agonisent sur leur lit d’hôpital. »
On est loin de l’injection létale dans les 48 heures après un souhait de mourir dans un moment de désespoir. Les décennies écoulées depuis ces premiers balbutiements sur ce que pourrait être une loi sur l’euthanasie démontre si l’en était besoin la difficulté du sujet.
Résumons ce que pourrait être une bonne loi sur l’euthanasie ? Une loi qui n’existe pas ….Nous tenterons de développer quelques arguments en ce sens afin de convaincre les parlementaires et d’éviter cette rupture anthropologique.
[1] Voir « neuf petits lits au fond du couloir » editions Michalon N Delépine 2000 « ça t’intéresse, l’oncologie pédiatrique ? »
[2] pseudo
3 voir wikipedia
[4] Attention le terme a été dévoyé
[5] 1978 : l’ouverture du débat sur l’euthanasie | INA
[6] Ce qui est très différent 46 ans plus tard
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En ce jour du don d’organes , n’oublions pas que un refus anticipé est nécessaire en cas de décès et que le marché des dons d’organe est malheureusement une dérive possible de ces euthanasies poussées et accélérées à tout âge … Soyons prudents et informés
et si possible alors que cette loi de désumanisation et de rupture anthropologique n’est pas encore votée, prenons le temps d’informer nos réprésentants, députés, maires, sénateurs en lien plus proches avec les députés qui devraient avoir le dernier mot le 15 juillet… Allons discuter avec notre député en direct, ne serait-ce que pour leur éclairer la détresse des soignants qui seraient soumis à ce dilemne entre obéissance à la loi si elle est votée et leur serment de loyauté vis à vis de leurs patients qui en pousseraient de nombreux à démissionner.



