L’obligation vaccinale antigrippale des soignants est injustifiée
L’obligation vaccinale antigrippale des soignants n’a aucun intérêt médical. par le docteur Gerard Delépine chirurgien orthopédique, cancérologue et statisticien
Le conflit entre partisans des obligations vaccinales et défenseurs des libertés individuelles ressemble trop souvent à une guerre de religion où chacun récite son crédo sans fournir les preuves de ce qu’il avance. Pour sortir de cette confrontation stérile, cet article récapitule les principales données établies concernant la grippe et les vaccins antigrippaux, afin de déterminer si la propagande effrénée pour la vaccination des seniors et l’obligation vaccinale contre la grippe du personnel de santé voulue par le gouvernement est motivée par l’état actuel de la science.
Chaque année le vaccin contre la grippe est expérimental.
Le virus grippal se modifie chaque année, et comme l’efficacité du vaccin nécessite la concordance entre les souches vaccinales et celles qui circulent dans la population, la composition du vaccin est modifiée chaque année, il s’agit donc à chaque saison d’un nouveau vaccin, dont ni l’efficacité ni la tolérance ne sont connues. Les campagnes de vaccination antigrippale constituent donc des essais de phase III d’un vaccin qui « a de bonnes chances d’être efficace » dont on ne connait ni l’efficacité, ni les effets secondaires et ni les contre-indications éventuelles.
Les vaccins contre la grippe sont habituellement peu efficaces
L’efficacité clinique d’un vaccin contre la grippe à venir n’est jamais certaine. L’autorisation de mise sur le marché est délivrée par les agences sanitaires sur « l’efficacité sérologique », le taux des anticorps titrés au cours d’essais cliniques limités sans étude randomisée, ni de critères cliniques portant sur les populations cibles. On ne peut donc évaluer l’utilité réelle du vaccin qu’a posteriori, après la fin de l’épidémie sans comparaison possible avec un groupe témoin non vacciné.
Les estimations de l’efficacité du vaccin, se situent généralement entre 40% et 60% [1] et parfois bien au-dessous comme durant l’hiver 2014-2015 où elle n’atteignait pas 10% [2] [3] ou en 2017-2018 où elle ne dépassait pas les 23% chez les personnes de plus de 65 ans [4] [5]. La protection conférée par l’administration du vaccin antigrippal inactivé aux femmes enceintes est également très limitée. Chez l’enfant [6], le vaccin ne prévient guère l’otite, et ne permet pas de se passer d’antibiotiques. L’effet sur les nouveau-nés n’est pas statistiquement significatif [7]. De plus, la vaccination ne montre aucun effet appréciable sur les symptômes de la maladie et un effet très modeste dans la réduction de l’absentéisme au travail (1 jour) ou les durées d’hospitalisation. Enfin, de nombreuses études au Canada[8], en Italie[9] ou aux USA[10] montrent que la répétition annuelle des vaccinations antigrippales parait susceptible d’en diminuer progressivement l’efficacité. [11] [12]
En 2025 Santé publique France avait averti que « compte tenu de la faible efficacité du vaccin contre la grippe chez les 65 ans et plus pour cette saison, l’adoption systématique des gestes barrières au sein de la population générale reste primordiale ».
Les méta-analyses Cochrane confirment cette trop faible efficacité du vaccin [13] [14]. La macroanalyse de 2014 (90 rapports de 116 études) montre que l‘effet préventif du vaccin antigrippal parentéral inactivé chez les adultes sains est très faible. Il faudrait au moins vacciner 71 personnes pour prévenir un cas de grippe.
Constat confirmé sur une large étude européenne [15] qui précise : « les résultats montrent une efficacité vaccinale modérée contre le virus A(H3N2) en population générale, et faible pour les populations à risque, estimée à 23% chez les personnes de 65 ans et plus » et une étude réalisée en milieu hospitalier « n’a pas mis en évidence d’efficacité du vaccin »[16].
L’épidémiologiste canadien Gaston De Serres réputé à l’échelle mondiale pour ses travaux sur l’efficacité et la sécurité des vaccins affirme sans ambages [17]« actuellement, on dépense des centaines de millions de dollars au Canada pour la vaccination contre l’influenza avec des performances qui sont, je dirais, bien modérées. On est loin d’avoir un vaccin qui rejoint nos attentes… L’efficacité du vaccin contre la grippe n’est simplement pas à la hauteur. »
La vaccination contre la grippe ne diminue pas significativement la mortalité des personnes âgées.
Le rapport de l’IGAS sur l’épidémie de grippe de l’EHPAD de Lyon [18] est un modèle de présentation trompeuse. Elle se contente de conclure « le vaccin n’a pas toujours assuré une protection contre la grippe », Lors de cette épidémie 38% (41) des 110 personnes âgées de l’établissement avaient été vaccinées ; 72 résidents ont souffert de grippe et 13 (6 des 41 vaccinés et 7 des 68 non vaccinés) en sont morts ; la mortalité des vaccinés atteignait donc 15% contre 10% chez les non vaccinés. Les chiffres publiés montrent donc que les résidents vaccinés avaient près de 50% de risques supplémentaires de mourir de la grippe que les résidents non vaccinés !
Les statistiques officielles de l’agence de santé publique « Santé France » confirment que le vaccin ne protège pas contre les formes graves ou mortelles de grippe. Le Bulletin hebdomadaire du 17/01/2018, précise « depuis le 1er novembre 2017, 1 137 cas graves de grippe ont été signalés. 58% des cas pour lesquels le statut vaccinal était renseigné n’étaient pas vaccinés » ce qui était pratiquement le même chiffre que celui de la population générale. Or si le vaccin avait eu la moindre efficacité, les non vaccinés auraient dû être proportionnellement plus nombreux à souffrir de formes graves.
Aux Etats-Unis, depuis 1980, la mortalité liée à la grippe n’a pas notablement diminué, alors que la couverture vaccinale des personnes âgées a augmenté considérablement passant de 15% à 65 %.
Le vaccin contre la grippe n’est pas exempt d’effets secondaires
Dans la majorité des cas, ces réactions (douleurs, gonflement au point de piqure, démangeaisons, urticaire, rash) restent bénignes et passagères. Mais des complications plus graves peut survenir : réactions allergiques sévères allant jusqu’au choc anaphylactique, vascularite avec atteinte rénale transitoire, lupus érythémateux disséminé[19] ,pemphigoïde bulleuse[20], névralgie, paresthésie, convulsions fébriles, troubles neurologiques tels que névrite, encéphalomyélite, syndrome de Guillain-Barré, narcolepsie… Depuis la publication de cas de syndrome de Guillain-Barré après vaccin contre la grippe de 1976, plusieurs études ont noté une augmentation des risques de le contracter avec les vaccins contre la grippe saisonnière[21]. L’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam) dit avoir reçu 173 demandes d’indemnisations, dont 105 de narcolepsie et plus de 57 victimes indemnisées après la vaccination contre la grippe H1N1.
On ne peut ignorer les 13 décès survenus en Italie[22] après l’administration de « Fluad vaccin antigrippe » de Novartis pour qui, “la concordance temporelle était établie“, selon un communiqué de l’Agence Italienne du médicament du 1er décembre 2014.
Prétendre que le vaccin antigrippal est sans risque comme l’affirme constamment les autorités françaises est donc mensonger.
Les obligations injustifiées nuisent à la vaccination.
Cette discordance habituelle entre les faits avérés et leur présentation par les autorités officielles constitue la raison première de la défiance de la population envers la parole de l’Etat et de ses experts concernant les vaccinations. Pour recréer la confiance, il est indispensable que les experts qui s’expriment en public ou orientent la politique sanitaire soient totalement exempts de liens avec l’industrie et que le ministère adopte une présentation des faits, plus objective reconnaissant enfin que la vaccination, comme l’autorité ou la religion « ça se discute ».
Ainsi que le demandent le Haut Conseil de la Santé Publique français, le Comité sur l’immunisation du Québec et l’institut Cochrane, « des études randomisées contre placebo à financement public sur plusieurs saisons grippales devraient être conduites pour lever ces doutes majeurs sur l’utilité réelle du vaccin ».
La responsabilité des soignants dans la contamination des soignés n’est pas démontrée.
La grippe représente un risque professionnel pour les soignants, mais en période d’épidémie les possibilités de contamination extraprofessionnelle (transports en commun, contacts familiaux, etc..) sont plus nombreuses, La seule étude directe comparant des soignants à des non-soignants pour évaluer leur risque professionnel a montré un léger sur-risque pour les soignants, davantage lié à la présence d’enfants dans leur famille qu’à leur exposition professionnelle.
La proportion de grippes nosocomiales (contractées à l’occasion de soins) a été estimée à 4,3 % chez l’adulte et à 9,3 % chez l’enfant âgé de moins de 15 ans.
Dans ces épidémies nosocomiales, des soignants ont été évoqués comme probable source de contamination des patients ou de leurs collègues, mais le plus souvent sur la seule analyse épidémiologique de l’épidémie (faible niveau de preuve).
De plus, une obligation vaccinale pour les travailleurs de la santé impliquerait qu’ils reçoivent le vaccin pendant les 30 à 40 années de leur activité professionnelle et aucune étude ne garantit la sécurité de vaccinations répétées durant une aussi longue période, pas plus que leur efficacité qui semble diminuée au fil des réinjections.
La vaccination des soignants diminue le nombre d’infections grippales documentées, de syndromes grippaux et réduit l’absentéisme au travail, mais dans des proportions souvent non significatives. Mais il est illusoire de croire faire disparaître les transmissions grippales en milieu hospitalier tant que les visites des familles, indispensables au moral des résidents, restent autorisées.
L’obligation vaccinale des soignants contre la grippe n’est pas justifiée.
Rendre la vaccination obligatoire pour les soignants vient d’être proposée par notre ministre de la Santé et la Haute Autorité de santé qui n’a curieusement pas tenu compte de l’avis de son groupe de travail dont onze des treize experts se sont prononcés contre cette obligation.
La méta analyse de l’institut Cochrane qui a tenté de répondre à cette question conclut sans ambages : « Les résultats de notre revue n’ont pas identifié de preuves concluantes d’un bénéfice des programmes de vaccination des personnels sanitaires sur les critères de jugement spécifiques de la grippe confirmée en laboratoire, pour prévenir la grippe et ses complications (l’infection des voies respiratoires inférieures, l’hospitalisation ou le décès dû à une maladie des voies respiratoires inférieures), ou de la mortalité toutes causes confondues chez les personnes de plus de 60 ans qui vivent dans des établissements de soins. ..
Cette revue ne fournit pas de preuves raisonnables pour soutenir la vaccination des professionnels de santé pour prévenir la grippe chez les personnes âgées de 60 ans ou plus résidant dans des établissements de soin de longue durée. Des ECR (essais cliniques randomisés) de bonne qualité sont nécessaires pour éviter les risques de biais méthodologiques identifiés dans cette revue et pour tester ces interventions en combinaison. »
De même le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) considère [23] « qu’il n’y a pas de quantification du fardeau de l’influenza chez les patients, dû aux travailleurs de la santé non vaccinés, et que les preuves manquent quant à l’efficacité de la vaccination des travailleurs de la sante à réduire ce fardeau en fournissant une protection indirecte aux patients. Une présomption que la vaccination des travailleurs de la sante permettrait de réduire un fardeau substantiel chez les patients est insuffisante pour justifier une obligation vaccinale. En l’absence de preuves scientifiques de qualité, le CIQ ne recommande pas la mise en place d’une politique de vaccination obligatoire des travailleurs de la santé. »
L’épidémiologiste Antoine Flahault, de l’université de Genève, s’étonne lui aussi de cette proposition d’obligation de vacciner les soignants sans démonstration scientifique de son utilité « Ne peut-on pas exiger des preuves scientifiques ? ». Il déclare qu’elle n’est « pas envisageable en l’absence de preuve scientifique de réduction du risque de grippe transmise en milieu hospitalier ».
Le Syndicat Liberté Santé réaffirme avec force son opposition inconditionnelle à toute forme de pression, de chantage ou d’obligation vaccinale pour exercer un métier du soin. Le soin ne peut se construire sur la peur, sur la soumission, ou sur la menace de perdre son emploi. Ce projet de loi révèle une tendance préoccupante : la médicalisation autoritaire du champ du travail, qui ne repose plus sur la confiance, la science indépendante ou le dialogue, mais sur des décisions politiques unilatérales. Mobilisons-nous pour le respect du consentement libre et éclairé.
Le Syndicat Liberté Santé appelle : « Les professionnels de santé et assimilés, vaccinés ou non, à refuser cette dérive liberticide qui ravive les plaies de 2021.Les citoyens à défendre une médecine fondée sur le consentement libre et éclairé, et non sur l’injonction institutionnelle. Les soignants et les patients à se mobiliser, à relayer cette alerte, et à organiser des réunions d’information dans les établissements de santé et sur la place publique. »
Ghislaine Sicre, présidente du syndicat Convergence infirmière affirme « Beaucoup d’infirmières sont contre », « Vu nos conditions de travail dégradées, la colère, l’épuisement des professionnels, ajouter une couche d’obligations pourrait les faire déserter ».
La Fédération hospitalière de France qui représente des directeurs d’établissements accueillant des personnes âgées, craint d’ailleurs des « difficultés de mise en œuvre », une « détérioration du climat social » et un possible « frein à l’attractivité des métiers« .
Vouloir imposer, sans aucune justification scientifique, une nouvelle l’obligation d’un vaccin aussi peu efficace contre l’infection et la transmission comme l’ont été les vaccins covid aggrave la méfiance des soignants envers leur tutelle et risque d’aggraver le déficit déjà dramatique de soignants. Comme aucun autre pays ne le propose, cette proposition parait plus motivée par une politique de soutien aux laboratoires pharmaceutiques que par un désir de protéger les personnes fragiles.
[1] Osterholm, M. T., Kelley, N. S., Sommer, A., Belongia, E. A. Efficacy and effectiveness of influenza vaccines :a systematic review and meta-analysis. Lancet Infect Dis. 2012 ;12(1) : 36-44
[2]British Columbia Center for Disease Control. Canadian Sentinel Practitioner Surveillance Network (SPSN) vaccine effectiveness (VE) estimates against laboratory-confirmed medically-attended influenza,
2004-05 to 2015-16 seasons
[3] Skowronski, D. M., Chambers, C., Sabaiduc, S., De Serres, G., Winter, A. L., Dickinson, J. A., et al. A perfect storm : Impact of genomic variation and serial vaccination on low influenza vaccine effectiveness during the 2014-15 season. Clin Infect Dis. 2016 ;63(1) :21-32
[4] https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/grippe/vaccin-contre-la-grippe-une-efficacite-limitee_2069987.html
[5] Thompson, W.et al. Mortality associated with influenza and respiratory syncytial virus in the United States. JAMA. 2003 ;289(2) :179-86
[6] Caspard H, Mallory RM, Yu J, Ambrose CS. Efficacité du vaccin grippal atténué vivant chez les enfants De 2009 à 2015-2016: une revue systématique et une méta-analyse. Forum Ouvert Infect Dis. 2017 Jul 24;4(3) https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5569992/
[7] Deese J, Schaible K, Massierer D, Tingir N, Fell DB, Atwell JE. Systematic Literature Review of Maternal Antibodies in Human Milk Following Vaccination During Pregnancy or Lactation: Tetanus, Pertussis, Influenza and COVID-19. Pediatr Infect Dis J. 2025 Feb 1;44(2S):S38-S42. doi: 10.1097/INF.0000000000004634. Epub 2025 Feb 14. PMID: 39951072.
[8] Le journal de Montréal AGENCE QMI Mardi, 24 octobre 2017 20 : 17
[9] Skowronski, D. M. et al. A perfect storm : Impact of genomic variation and serial vaccination on low influenza vaccine effectiveness during the 2014-15 season. Clin Infect Dis. 2016 ;63(1) :21-32.
[10] McLean, H. Q., Thompson, M. G., Sundaram, M. E., Meece, J. K., McClure, D. L., Friedrich, T. C., et al.
Impact of repeated vaccination on vaccine effectiveness against influenza A(H3N2) and B during 8 seasons. Clin Infect Dis. 2014 ;59(10) :1375-85.
[11] Ohmit SE, Thompson MG, Petrie JG, Thaker SN, Jackson ML, et al. 2014. Efficacité du vaccin antigrippal durant la saison 2011-2012 : protection contre chaque virus en circulation et effet d’une vaccination antérieure sur les estimations. Clin. Infect. Dis. 58(3) : 319–27
[12] McLean HQ, Thompson MG, Sundaram ME, et al. Impact de la vaccination répétée sur l’efficacité du vaccin contre les grippes A(H3N2) et B pendant 8 saisons. Clin Infect Dis 2014 ; 59 : 1375–85.
[13] Jefferson T, Di Pietrantonj C, Al-Ansary LA, Ferroni E, Thorning S, Thomas RE. Vaccines for preventing influenza in theelderly. Cochrane Database Syst Rev. 2010
[14] Vaccines for preventing influenza in healthy adults (Review) Copyright © 2014 The Cochrane Collaboration. Published by John Wiley & Sons, Ltd.
[15] Moderate vaccine effectiveness estimates against influenza A(H1N1) pdm09 and low estimates against lineage mismatched influenza B among children. Influenza Other Respir Viruses. 2017 Nov 10
[16] Assurance maladie. Maladie : Grippe saisonnière 3 oct. 2017 à 20h59 Référence principale : www.ameli.fr
[17] https://www.journaldemontreal.com/2017/10/24/lefficacite-du-vaccin-contre-la-grippe-nest-pas-a-la-hauteur-1
[18] L’épidémie de grippe à l’EHPAD Korian Berthelot de Lyon IGAS, RAPPORT DEFINITIF N°2017-011R – Janvier 2017
[19] Mintoff D, Betts A, Boffa MJ. Influenza vaccine-associated cutaneous lupus erythematosus. Clin Exp Dermatol. 2020 Jun;45(4):450-452. doi: 10.1111/ced.14130. Epub 2019 Nov 17. PMID: 31675446.
[20] Abdulaziz Madani Vaccin antigrippal comme facteur déclenchant potentiel de la phase urticarienne de la pemphigoïde bulleuse : un cas cliniqueClin Cosmet Investig Dermatol.2026 avril 16:19:605152.
[21] Préoccupations liées au syndrome de Guillain-Barré | Sécurité des vaccins | CDC [Internet]. 2018: https://www.cdc.gov/vaccinesafety/concerns/guillain-barre-syndrome.html
[22] https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/italie-treize-deces-suspects-apres-une-vaccination-anti-grippe_1707993.html
[23] https://www.quebec.ca/sante/conseils-et-prevention/vaccination/vaccination-contre-la-grippel’o



