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‘euthanasie  

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« NON A LA LEGALISATION DE L EUTHANASIE  » Editions Marco Pietteur Médicatrix  que nous remercions d’avoir autorisé cette publication en urgence pour tenter d’éclairer les députés du vécu des patients, soignants au moment où cette loi est en troisième lecture à l’Assemblée malgré l’opposition montante des citoyens et refus répété des sénateurs.

 

voici un extrait en début de livre :

 » Au temps où une nouvelle loi voudrait instaurer un droit à l’aide à mourir, sans barrières, sans obstacle,  même pas un véritable délai de réflexion, il semble que le temps de la discussion apaisée et prolongée s’impose.

Quelle urgence à clore les débats en quelques jours, et  balayer des centaines d’amendements en quelques heures, dont la nuit de préférence ?  Ce sujet par quel que bout qu’on le prenne est complexe, délicat, douloureux et ne peut en aucun cas être résolu par une loi aussi mal préparée et si peu réfléchie. Il s’agit d’un problème intime qui appartient à  la vie privée et la faire passer dans le champ public relève de l’équilibrisme. Pourquoi ce jeu pervers qui revient sur le tapis en fin de cycle d’un quinquennat particulier, en temps de guerre de surcroit ?  Quelle urgence, si ce n’est imposer une loi que rejette 80 % des Français et que ceux qui la souhaitent ne veulent pas forcément la défigurer en supprimant tous les garde fous, la transformant en simple « permis de tuer ».

Quels buts cachés, inavouables justifieraient-ils cette pseudo urgence ? Résoudre le problème des retraites, de la vétusté (organisée) du système de santé et ses morts répétitifs aux urgences  sans besoin d’injection létale… ? Ou plus encore, un besoin idéologique non satisfait du pouvoir en place  pour les lois transhumanistes, dont celle pour l’euthanasie serait le bouquet final ?

Un sujet intellectuel, humain,  et non politique qui ne devrait en aucun cas être légiféré au milieu de l’émotion, de l’expérience personnelle des uns et des autres et loin de notre éthique médicale qui exige neutralité, compassion et bienveillance.

Mon premier contact avec ce vaste et terrible problème surgit sans prévenir  dans les années 1980 alors que je travaillais avec l’équipe des professeurs Mathé et Schwartzenberg à l’hôpital Paul brousse à Villejuif (dont la métastase fut l’institut Gustave Roussy dans le même lieu, puis à quelques km ). Notre service de pédiatrie, situé dans le 19 ième arrondissement de Paris à l’hôpital Hérold, collaborait depuis peu pour les tumeurs solides avec le célèbre service de cancérologie du PR G Mathé[1].

A cette occasion, nous eûmes à prendre en charge quelques patients en fin de vie dont une jeune adolescente pour laquelle le père souhaita l’aide du PR Leon Schwartzenberg. Celui -ci était connu pour accepter de faire quelques euthanasies au domicile de patients et vint à l’hôpital Herold pour aider cette belle jeune fille. Je la revois comme si c’était hier, quelques 44 ans plus tard, (anticipant le chapitre sur l’impact émotionnel ineffaçable d’un tel acte, laissé chez les soignants et les familles, dont nous reparlerons).

Mais la leçon magistrale que me donna  ce jour-là  le  célèbre et réputé  professeur fut la règle intangible qu’il me conseilla de défendre au maximum dans toute ma vie de médecin : ne jamais laisser légiférer, jamais,  car cela ouvrirait la porte à toutes les dérives.

C’est peut-être ce souvenir qui me donne aujourd’hui le courage de m’attaquer à ce douloureux sujet, en mémoire de Claire[2] et de Léon Schwartzenberg et de leurs combats respectifs.

  1. Schwartzenberg fut d’abord connu avec le Pr Georges Mathé  en 1958  pour avoir  traité et sauvé des savants yougoslaves irradiés grâce aux premières greffes de moelle osseuse, avec la participation du clinicien bosniaque Hekalo Irvin.

Il fut ensuite un cancérologue très[3] médiatique et en 1977, alors que le cancer n’était évoqué que comme « une longue et douloureuse maladie », il publia  Changer la Mort, en collaboration avec le journaliste Pierre Viansson-Ponté, où ils plaidèrent en faveur de la vérité au malade, en toutes circonstances.

 

« La vérité doit toujours être dite, elle est toujours positive ».

 

C’est à cette même époque  vers 1978 qu’il entra dans le combat  naissant sur l’euthanasie.
Il prit la défense du droit de mourir dignement[4]. Il dira au cours de l’émission « Apostrophes » sur France 2 : « Je suis simplement contre le maintien à tout prix d’une vie qui n’est plus une existence ». 

 

Il mit en exergue  les contradictions de la société : « Mentir aux cancéreux par compassion et dire la vérité à ceux qui ont le sida par peur de la contagion, cela procède d’une égale saloperie », disait-il à l’apparition de cette maladie.

On est loin de l’injection létale accordée par un seul médecin et oralement, satisfaite dans les 48 heures et dont le consentement dit éclairé reste très douteux. On  est à l’ époque où certains médecins acceptent de violer leur serment d’Hippocrate pour soulager un patient souffrant et incapable de se suicider.  Rien de plus, surtout rien de plus.

Avec Requiem pour la vie (1985), il s’attaqua à ce tabou, l’euthanasie. En 1991, l’Ordre des Médecins le suspendit d’exercice pour un an pour avoir révélé dans la presse, en 1987, l’euthanasie réalisée chez un malade incurable. En 1993, le Conseil d’État  annula cette décision.  C’est ce qu’il m’expliqua clairement en 2000 : j’utilise ma notoriété médiatique pour protéger les médecins de famille au fin fonds de leur campagne, qui pourraient être amenés à faire ce geste pour un de leurs malades  et seraient poursuivis.  Grâce à mon exemple médiatisé, ils seront jugés, ce qui est normal et indispensable, mais auront après enquête un non-lieu.  Mais ne jamais légiférer ! »

 

C’est en 1978 que le débat sur l’euthanasie prit forme sur les ondes et à l’assemblée.[5] À l’époque, sur cette question encore taboue, deux personnes prirent publiquement position en faveur de l’euthanasie : le cancérologue Léon Schwartzenberg et le sénateur Henri Caillavet.

Et dans une même édition du JT, le professeur Schwartzenberg, pourtant favorable à l’euthanasie,  émit des réserves sur le projet de loi Caillavet qu’il jugea inapplicable.  Un sondage de la Sofres, publié dans le Figaro du 8 juin 1978, montra 43 % des personnes interrogées favorables au projet, contre 48 % défavorables. Le débat se poursuivit un temps sur les plateaux télé. En plateau, le professeur Schwartzenberg réitéra ses réserves sur la proposition de loi d’Henri Caillavet. Le projet de loi sera finalement rejeté en séance publique le 7 mai 1980. Il faudra attendre la loi Leonetti de 2005 pour que l’arrêt des traitements soit autorisé et que le refus de l’acharnement thérapeutique soit reconnu.

En février 80, dans le magazine « L’Homme en question », le professeur Léon Schwartzenberg  explicitait sa position sur cette question difficile.

« L’euthanasie, tout le monde en parle, c’est un mot horrible, il n’y a pas de bonne mort », avouait-il, tout en explicitant « les conditions dans lesquelles elle pourrait intervenir, notamment pour soulager les souffrances en fin de vie ».

Estimant les drogues utilisées alors pour soulager « inefficaces »[6], il ne voyait pas d’objection à « donner la recette pour soulager vraiment », à condition que la demande émane du malade lui-même. Cette prise de position, il l’assumait, reconnaissant son côté provocateur : « C’est vrai, je suis provocateur contre ceux qui laissent de côté des malades en promenant une existence, qui demeure la leur, pendant que des malades agonisent sur leur lit d’hôpital. »

 

On est loin de l’injection létale dans les 48 heures après un souhait de mourir dans un moment de désespoir. Les décennies écoulées depuis ces premiers balbutiements sur ce que pourrait être une loi sur l’euthanasie démontre si l’en était besoin la difficulté du sujet.

Résumons  ce que pourrait être une bonne loi sur l’euthanasie ? Une loi qui n’existe pas ….Nous tenterons de développer quelques arguments en ce sens afin de convaincre les parlementaires et d’éviter cette rupture anthropologique.

[1] Voir « neuf petits lits au fond du couloir » editions Michalon N Delépine  2000   «  ça t’intéresse, l’oncologie pédiatrique ? »

[2] pseudo

3 voir wikipedia

[4] Attention le terme a été dévoyé

[5] 1978 : l’ouverture du débat sur l’euthanasie | INA

[6] Ce qui est très différent 46 ans plus tard

 

 

 

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En ce jour  du don d’organes , n’oublions pas que un refus anticipé est nécessaire en cas de décès et que le marché des dons d’organe est malheureusement une dérive possible de ces euthanasies poussées et accélérées à tout âge … Soyons prudents et informés

 

et si possible alors que cette loi de désumanisation et de rupture anthropologique n’est pas encore votée, prenons le temps d’informer nos réprésentants, députés, maires, sénateurs en lien plus proches avec les députés qui devraient avoir le dernier mot le 15 juillet…  Allons discuter avec notre député en direct, ne serait-ce que pour leur éclairer la détresse des soignants qui seraient soumis à ce dilemne entre obéissance à la loi si elle est votée et leur serment de loyauté vis à vis de leurs patients qui en pousseraient de nombreux à démissionner.

 

 

 

La mort omniprésente à l’Assemblée en février 2026 : fin de règne ?

 

Est-ce l’évidence d’une fin de règne que les tenants du pouvoir craignent et sentent très proche ? En tous cas ils ne voudraient pas d’une dissolution avant que cette loi honteuse, de la déshumanisation, du changement de civilisation ne soit votée…Alors ils poussent la machine. La mort rôde et pas seulement pour leurs si chers postes de députés entre autres, pas seulement symbolique, mais bien pour tous les faibles, les vieux, les handicapés, soit presque un million d’« éligibles » comme ils les ont désignés …

 

Il ne s’agit pas de soulager, d’aider (comme le délit d’entrave[1] le démontre), mais bien de poursuivre leur objectif de dépopulation ébauché depuis trente ans et bien avancé avec la pseudo-vaccination généralisée dans le monde aboutissant à plusieurs millions de morts et pire encore, une infertilité importante chez les femmes vaccinées et nombre d’effets secondaires chez les nouveau-nés de ces mamans injectées dont certains mortels rapidement.

Mais cela n’est pas suffisant. Il reste trop de pensions à payer, trop de retraités qui après avoir cotisé toute leur vie trouvent que leur « assurance » leur doit leur pension. Franchement d’un autre siècle ces « vieux » dépassés, ringards qui ne comprennent rien à l’informatique ni au rap..

La destruction massive de notre système de santé en moins de trente ans n’est pas encore complètement aboutie, et quelques dinosaures médecins et de jeunes adeptes convertis par leurs ainés à cette secte consacrée à Hippocrate tentent encore de soigner, d’aider, de consoler, d’accompagner …. Alors on va les forcer à accepter les ukases de cette autre secte, mais d’allure satanique qui veut interdire au médecin, à l’infirmière ou à la psychologue et même aux membres de la famille d’aider une personne tentée par l’euthanasie après qu’on lui a refusé tout autre traitement ou tout passage en soins palliatifs dont les unités disparaissent comme neige au soleil. Et si vous croyez que la liberté de s’exprimer existe encore ? Si vous désobéissez ce sera trente mille euros d’amende et trois ans de prison… Pour tenter de garder encore un peu votre maman ou papa près de vous, lui dire que vous l’aimez et partager encore ces moments d’échanges, de confessions, de souvenirs, de récits privilégiés que sont ces derniers jours ou heures ….. De quel droit des députés nous interdiraient -ils ces instants d’éternité dont ils se souviendront toute leur propre vie s’ils ont la chance de les partager avec leurs parents [2] ? De quel droit ?

Et ne nous parlez pas de dignité ? Est-ce digne d’interdire d’aimer son prochain et de lui dire que sa vie vaut la peine sous peine de prison ? Les députés veulent-ils modifier la devise de la France en supprimant LIBERTE ? Et que devient la Fraternité ?

  

 Quelques extraits du  blog de Martina Charbonnel Horizons off

 

Nous sommes sur la même longueur d’ondes, mais il est toujours utile de transmettre l’horreur avec d’autres mots, d’autres formules pour toucher le maximum de personnes possibles et peut-être de députés…que chacun d’entre vous devrait joindre très vite, pour qu’ils refusent d’être manipulés au nom d’une fausse compassion…

 

Tuer sans temps mort et mourir sans entrave | Horizons off  7 février 26

 

« Les soignants me font peur. Ceux qui trient les malades en fonction de leur âge, de leur degré de dépendance, de leur handicap et qui décident qui a le droit d’être soigné et doit être éliminé ressembleront plus à des bourreaux qu’à des soignants. Pendant le Covid, les brigades d’intervention rapide ont administré la mort « compassionnelle » au Rivotril à des pensionnaires des EHPAD qui n’avaient pas demandé à mourir. Elles ont ouvert la voie à ce qui arrive. C’était une simple répétition avant le génocide à venir un peu comme Hitler qui avait voulu tester les chambre à gaz sur des personnes handicapées avant leur utilisation massive »

Point Goldwin me diront ceux que la comparaison dérange. Mais même Olivier Falorni n’aime pas le mot « euthanasie » car selon lui a été « souillé par l’histoire ». Il sait et il assume la filiation mais en utilisant la novlangue comme les nazis qui évoquaient la mort miséricordieuse pour soulager les personnes souffrant de maladie incurable ou de handicap. On change les mots mais on n’efface pas l’ignominie. On ne dit plus « mort miséricordieuse » mais aide à mourir. Dans les faits, ça consiste à libérer d’une vie supposée indigne des personnes ayant besoin d’être soignées et soutenues . Le but étant d’éliminer des inutiles pour alléger les dépenses de santé. »

 

La présidente de l’assemblée est très pressée ! pourquoi ?

« C’est bien connu, la priorité des gens, c’est la mort. Il est vrai qu’une fois imposé le budget en 49-3, il va bien falloir trouver le moyen de diminuer drastiquement des dépenses de santé. Tuer coûte moins cher que le soin des maladies incurables et l’accompagnement de la dépendance. »

 

15 jours pour empêcher la légalisation de l’homicide | Horizons off   10 FEV 26

Mme Charbonnel a guerroyé sur les RS avec les proeuthanasies qui n’ont guère renouveler leur argumentation. Citons quelques exemples dont vous lirez la totalité sur son blog.

En tant que cancérologue, cet échange me parait très symbolique de la dérive de nos sociétés :

 

« Une personne évoquait un proche en phase terminale de cancer « qui n’avait plus rien d’humain et ressemblait aux gens qui sortaient des camps de concentration » .

On cesse d’être un être humain lorsque l’on est trop amoché ? N’y a-t-il pas jusqu’au dernier moment, un cœur qui bat, une âme qui a besoin de réconfort un corps qui ressent une présence à ses côtés ? Les gens qui revenaient des camps n’avaient plus rien d’humain ? Ce ne serait pas plutôt leurs bourreaux qui n’étaient pas humains ? »

 

 

 

« L’euthanasie existe déjà dans les hôpitaux. La loi ne fera qu’encadrer cette pratique ».

« Pas vraiment car les soignants qui euthanasient des personnes sans leur consentement risquent d’être poursuivis en justice par les proches.

 Lorsque la loi sera votée, beaucoup de soignants se sentiront pousser des ailes pour l’appliquer à toutes les personnes qui encombrent leur service. C’est d’autant plus facile qu’une demande orale y suffit ( sans témoin) et que le délai de rétractation est beaucoup plus court que dans tous les autres pays ; En trois jours, c’est réglé ! »

 

En tant que chef de service en cancérologie, j’ai vu passer quelques individus qui venaient chercher là l’odeur de la mort.. Nous les appelions les « oiseaux de mauvaise augure » et faisions le maximum pour les dissuader de venir dans le service. J’en tremble encore en pensant à quelques spécimens, bénévoles ayant tout leur temps pour partager leur bonne parole …

 

Ici, dans nos services de cancérologie, ou de soins palliatifs, on consacre la vie qui est sacrée, avec ses joies et ses douleurs, mais on aide les patients et on n’est pas là pour les pousser dans le trou…tentions nous de leur faire comprendre.

 

 

« Les partisans de l’euthanasie ne veulent toujours pas voir que leur définition de la dignité renvoie automatiquement à l’indignité des personnes dans un état similaire. et fait pression pour les convaincre de demander l’euthanasie. »

Enfin Mme Charbonnel conclue ce nouvel article par cette réflexion que bien d’autres pourraient partager :

« Opposée à l’euthanasie depuis trente ans, ma position avait un peu évolué car j’admettais pour moi la possibilité d’y recourir dans certaines situations de fin de vie. Mais la loi qui va être soumise au vote des députés n’a rien à voir avec le projet initial.

Le texte a aboli toutes les précautions éthiques. Dans l’absolu, toutes les personnes souffrant de dépression, de maladies chroniques ou invalidantes pourront (au fil des ans) devenir éligibles. Ce qui fait des millions de personnes. Un génocide se prépare.

Aucun des pays qui a légalisé l’euthanasie ne l’a fait dans cet esprit qui rappelle bien plus la Terreur qu’une volonté de prise en compte de la souffrance. » (blog de Martina Charbonnel).

 

Il est évident que le pouvoir après avoir détruit consciencieusement  l’hôpital, où l’on meurt volontiers sur un brancard après des heures et parfois des jours aux urgences[3], proposera comme au Canada d’abréger vos souffrances par l’euthanasie dont les indications s’élargiront chaque année comme Jean-Louis Touraine le précise (technique du pied dans la porte) dans ses vidéos.

Comme le dit Mme Charbonnel, le suicide n’est pas interdit et les rarissimes cas où le malade en serait incapable ne justifient en rien une loi générale très permissive où le minimum d’éthique médicale a disparu..

Ces exceptions ont existé de tous temps et se réglaient dans le secret du dialogue singulier médecin malade sans drapeau ni trompette.

Le projet de cette loi euthanasie discuté à l’assemblée n’a rien à voir avec de la compassion, mais bien avec une idéologie mortifère qui s’étend de la vie fœtale                      ( avortement jusqu’à 9 mois sous de vagues conditions psychosociales, d’un bébé viable, pensant, d’un être humain) à l’autre extrême de la vie où certains considèrent qu’il y aurait des vies dignes et d’autres moins (selon le nombre de chirurgies plastiques ? ).

 

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Business de l’euthanasie : « quand la médecine rend la mort plus utile que la vie » – Docteur Nicole Delépine    7 février 26

SOIGNER N’EST PAS TUER: euthanasie et crise de civilisation – Docteur Nicole Delépine  28 janvier 26

Euthanasie, éthique et médecine de terrain : SOIGNER N’EST PAS TUER – Docteur Nicole Delépine mai 2025

Pulsion de mort : luttons contre la propagande pour l’euthanasie, l’avortement et l’IMG – Docteur Nicole Delépine

Lire aussi  Euthanasie : loi aide à mourir  par Theara 11 février 2026   très détaillée avec les tweets récents et l’analyse de cette épouvantable loi et des amendements présentés et refusés.

 

Partageons ces informations pour que les personnes favorables à l’euthanasie par manque d’information ne soient pas trompées par l’horreur de cette loi qui dénature complètement le concept initial de compassion.

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[1] Interdiction de tenter de raisonner un aspirant suicide assisté, le consoler même si c’est votre maman, mari ou enfant, vous vaudra si la prison et une amende de 300 000 € si vous êtes démasqué ou dénoncé …Je ne peux croire que les personnes favorables à l’euthanasie telle que dans leur imaginaire puisse être favorable à cet amendement.

[2] Mon père fut FFI, résistant au barrage de l’aigle et ensuite un des cofondateurs de la Sécurité sociale (la vraie, pas son fantôme d’aujourd’hui). Mais comme la plupart de ces combattants, il fut très discret sur cette période de sa vie. Ce n’est que dans ses derniers jours qu’arrivant à la clinique tard après ma journée d’hôpital, qu’il me confia chaque soir cquelques bribes de vécu en Dordogne. Et dire que les médecins accélèrèrent son départ par déshydratation entre autres…  De nombreux amis relatent des moments de ce genre avec des membres de leurs familles. De quel droit nous en priver ?  C’est aussi la Vie..

[3] Qui est indigne ici ? Le patient ou le pouvoir ?

La loi sur l’euthanasie (dite aide à mourir) vise-t-elle en fait à réduire les déficits publics ?

 

Par le DR G Delépine

Le vote en première lecture de la loi autorisant l’euthanasie présentée partout comme voulant assurer une fin de vie digne ne constitue-telle pas avant tout un moyen de réduire le déficit de la sécurité sociale et d’améliorer la rentabilité des mutuelles aux dépends de ceux qui sont les plus fragiles et dépendants ?

Les données établies dont on dispose permettent fortement de le craindre.

 

Le coût important des malades en fin de vie.

Aux USA, les 5% des assurés de Medicare (assurance publique pour les plus de 65 ans) qui décèdent dans l’année représentent entre 25% et 30% des dépenses totales de l’assureur[1].

La même constatation a été faite en Suisse[2] et au Canada.

En France, les dépenses publiques de santé liées à la dernière année de vie atteignent environ 31 000 € par personne, soit un total de 20 Mrds € par an, représentant 10% de la dépense publique de consommation de soins et biens médicaux [3].

Les niveaux de dépenses augmentent en effet dans la dernière année de la vie avec une brusque inflexion lors du dernier mois comme l’illustre le graphique ci-dessous de 2016 :

 

La tentation de réduire les dépenses de santé en facilitant la mort des malades quelques mois avant l’échéance naturelle est donc forte pour tous ceux qui veulent réduire le déficit de la sécurité sociale et améliorer le budget des mutuelles.

 

Au Canada, les économies considérables réalisées grâce à l’aide à mourir (euthanasie)

Le Canada est un des premiers pays à avoir largement développé l’euthanasie.

En juin 2016, le parlement du Canada a adopté une loi fédérale qui permettait aux adultes canadiens admissibles de demander l’aide médicale à mourir (euthanasie).

Le 5 octobre 2020, le ministre de la Justice et procureur général du Canada a proposé une loi modifiant le Code criminel sur l’aide médicale à mourir en réponse à la décision Truchon de la Cour supérieure du Québec de 2019[4] qui a déclaré inconstitutionnel 2 aspects de la loi initiale de 2016 : le critère d’admissibilité de « prévisibilité raisonnable de la mort naturelle » et le critère de « fin de vie ». Ces amendements sont entrés en vigueur le 17 mars 2021. Plusieurs amendements ont depuis encore élargi les indications de l’euthanasie légale.

En 2020 un directeur Parlementaire du Budget, a tenté « d’estimer les répercussions sur les coûts des soins de santé » des 6465 décès assistés prévus en 2021 auxquels devraient s’ajouter 1164 décès liés à l’élargissement des conditions d’accès envisagé au suicide assisté.

Il conclue : « les budgets provinciaux de la santé devraient réaliser des économies de 149 millions de dollars » en 2021, si ces prévisions se réalisent principalement via la diminution des soins palliatifs. En effet, estime le rapport, « les coûts des soins pendant la dernière année de vie (spécialement le dernier mois) représentent entre 10 et 20 % du total des coûts en santé, alors que les personnes qui reçoivent ces soins ne forment qu’environ 1 % de la population ».

Ces dernières années le nombre d’euthanasies a fortement augmenté. Selon Santé Canada un peu plus de 15 000 euthanasies ont été réalisées dans le pays en 2023, soit presque trois plus qu’en 2019. Le Canada se félicite d’économiser chaque année 1,4 milliard de dollars canadiens en raison de l’euthanasie de personnes à charge.

« L’aide à mourir dans la dignité » est vraiment rentable pour les finances publiques et les mutuelles privées. Autoriser l’euthanasie fait peut-être partie des nombreuses mesures visant à combler le besoin de financement de 40 milliards d’euros exprimé par le premier ministre.

Mais en France si une étude de ce type a été réalisée, nous n’en avons aucun écho dans les médias.

 

Les mutuelles au premier rang des lobbyistes pour l’euthanasie

Cherchez à qui profite le crime…

En France, la MGEN a été la première à faire du lobbying pour l’euthanasie auprès des députés depuis des années. En avril 25, la MGEN a envoyé par mail des propositions clé en main aux députés pour assouplir le texte sur l’euthanasie et le suicide assisté, visant à supprimer tous les garde-fous que le projet de texte prévoyait comme la nécessité de              « phase avancée ou terminale » de la maladie pour avoir recours au suicide assisté.

Le groupe Vyv, la Fédération des mutuelles de France, l’Union mutualiste retraite (UMR), Mutuale, la Mutuelle Familiale se sont récemment associées à ces efforts de convaincre les députés de l’intérêt d’une loi sur « l’aide à mourir ».

Aux États-Unis : depuis l’adoption de l’Affordable Care Act (ACA) en 2010, les grandes compagnies d’assurance santé ont réalisé des milliards de bénéfices dont elles ont fait profiter leurs actionnaires et leurs dirigeants.

Le groupe UnitedHealth, dont le président Andrew Witty a touché 23 millions de dollars en 2023, a déployé des efforts considérables pour refuser les soins aux personnes âgées en recourant entre autres à l’intelligence artificielle[5] pour décrédibiliser les justifications de demandes de soins des médecins et en versant secrètement des milliers de dollars de bonus aux maisons de retraite pour les inciter à réduire les transferts hospitaliers des résidents malades.

La frustration des malades et de leurs familles est telle qu’elle a motivé l’assassinat de son PDG Brian Thompson en décembre 2024 ainsi que l’a affirmé son auteur Luigi Mangione.  Il a décrit le Système de santé aux États-Unis comme « une structure corrompue » qui a obtenu des avantages au détriment de la souffrance des gens » Il mentionne « divers cas de personnes qui sont décédé du manque d’accès aux traitements médicaux. Il exprime aussi « sa haine envers les compagnies d’assurance de refuser l’aide à ceux qui ne peuvent payer ».

En France, plutôt que de permettre  rapidement à ceux qui en ont besoin d’accéder aux soins palliatifs, nos élus préfèrent les pousser au suicide assisté, tout en promettant d’augmenter les moyens en soins palliatifs.

L’attitude scandaleuse de ces mutuelles offusque le PR Philippe Juvin dans «Points de Vue» : Plutôt que de faire du militantisme avec mon argent, je dis aux mutuelles : remboursez déjà correctement les gens. Et allez-vous moins dépenser avec cette loi ? Oui, très clairement, alors restez au moins silencieuses».

Et de s’inquiéter du manque d’éthique de certains intervenants « La fin de vie est coûteuse et il est vrai que… des business vont se mettre en place. J’ai par exemple souhaité que, dans les hôpitaux à but lucratif, on ne pourrait pas réaliser l’euthanasie. Ils ont refusé« .

 

Une loi qui discrimine les pauvres en les incitant au suicide

En France, la sécu prend en charge 90% des dépenses de fin de vie, les 10% restants pèsent lourdement sur les pauvres de notre pays. Un coût qui peut pousser au suicide assisté les personnes les plus précaires qui refusent de représenter un poids financier pour leur entourage. Qui a envie de laisser une dette à sa famille pour financer ses derniers jours ?

« Le droit à une fin de vie libre et choisie » engendrera à terme pour les plus faibles une nouvelle peur, celle d’être euthanasié, et une nouvelle honte, celle de s’attarder.

Une étude canadienne de 2019 a révélé ainsi que 58% des demandes d’euthanasie proviennent de personnes à faible revenu. Les personnes n’ayant pas les moyens de se payer des soins ou une assistance médicale choisissent l’aide à mourir pour ne pas laisser de dettes à leur famille.

Mais les très riches devraient aussi s’inquiéter des dérives possibles de cette loi. Les journaux nous révèlent lors de gros héritages les appétits parfois incontrôlés des héritiers qui veulent éviter que leur parent dilapide ce qu’ils considèrent déjà comme leur appartenant. Jusqu’ici ils se contentaient de demander la mise sous tutelle de leur aïeul diminué ; demain avec cette loi facilitant « le suicide assisté » s’ils sont désignés personne de confiance, ils pourraient être tentés de précipiter l’héritage…

 

L’expérience d’un chirurgien cancérologue

Chirurgien cancérologue pendant plus de 35 ans, j’ai malheureusement trop souvent été confronté aux difficultés de la fin de vie de certains patients.

Lorsque la situation médicale paraît irréversible, les douleurs et la peur de la mort submergent souvent les malades et peuvent leur faire envisager le suicide.

Mais lorsqu’ils se sentent accompagnés et compris et que les médicaments soulagent leurs douleurs, la résignation s’estompe dans plus de 99% des cas.

Dans son rêve éperdu de toute puissance éternelle c’est moins la mort qui inquiète les bobos autocentrés que de tomber dans une « dépendance » qui l’humilierait à ses propres yeux. Le dégoût éprouvé à l’égard des corps déchus qu’il juge indignes, et auxquels il ne veut en aucun cas ressembler stimule les revendications permanentes du « choix de sa fin de vie ». L’euthanasie et le suicide assisté sont exceptionnellement une revendication de malades.

Ce sont avant tout les personnes en bonne santé, effrayées par le risque de déchéance qui veulent le conjurer par l’euthanasie. Le suicide est pourtant  depuis longtemps autorisé en France et les techniques en sont largement disponibles dans des livres et sur internet. Est-ce leur ignorance ou leur fainéantise qui les pousse à réclamer une loi qui transformerait les médecins en bourreaux potentiels rompant ainsi définitivement la confiance indispensable entre malades et leur médecin.

Durant un exercice de plus de trois décennies en cancérologie et plus d’un millier de patients je n’ai rencontré que deux malades qui ont persisté dans leur volonté d’euthanasie. Avec le PR Léon Schwarzenberg,[6] nous avons accédé à leurs demandes en augmentant sans compter leurs doses de morphine car leurs décisions étaient mûrement discutées, réfléchies et motivées. En le faisant nous avons respecté notre serment d’Hippocrate qui stipule que « le rôle du médecin est de sauver la vie par tous les moyens, mais lorsqu’il ne le peut plus il doit aider son malade à ne plus souffrir ». A cette époque, par cet acte nous étions passibles des tribunaux, mais Léon Schwarzenberg qui se méfiait d’une loi qui pourrait banaliser l’euthanasie et autoriser bien des dérives militait pour que les médecins restent responsables de leurs actes en toutes circonstances.

La loi Léonetti a légalisé notre attitude d’alors en remettant le curseur de la décision du côté des patients, du moins au stade terminal d’une maladie incurable. Mais en pratique, la décision reste chez le médecin, car c’est à lui qu’il revient d’agir si le patient le lui demande. Mais s’il refuse, le patient peut à tout moment changer de médecin.

En conclusion

Chaque être humain a besoin de savoir que la société n’exclut personne comme les médias nous le rappellent en permanence pour les minorités visibles. Alors pourquoi exclure plus de la moitié des plus souffrants, des « sans dents » des services de soins palliatifs faute d’argent ?  Le film « Intouchable » témoigne qu’il aurait été inhumain de prendre la désespérance du tétraplégique au mot.

Il est profondément inhumain et indécent de nier la valeur la vie d’un handicapé ou d’une personne dépendante, ou des derniers mois de la vie. L’injonction sociale de rester jeune, beau, fort, présentable, bien portant (et riche ?) engendre un scandaleux mépris pour la faiblesse et la dépendance, et pousse trop de personnes à vouloir précipiter la fin des plus faibles.

L’interdit de tuer constitue la condition première de la solidarité authentique. Il nous protège de l’arbitraire. Il laisse toute sa place au soin. Il manifeste aux plus vulnérables que leur vie a du prix, jusqu’à son terme. Ce n’est qu’en garantissant une place de choix et des soins appropriés aux plus fragiles et souffrants de ses membres que la société reste civilisée.

Le professeur d’éthique médicale Emmanuel Hirsch rappelle à juste titre : « notre vigilance collective devrait concerner les personnes que nous abandonnons en fin de vie et qui parfois revendiquent le droit à la mort faute d’être reconnues dans la plénitude de leur droit à la vie ».

Les hommes ne méritent-ils pas au moins autant de compassion que les bébés baleine ou les phoques ?

Mais Charles Sannat constate « Quand l’État ne peut plus vous soigner, il vous propose de mourir. »

Bienvenue dans l’économie moderne : 150 milliards pour les intérêts de la dette, plus rien pour renforcer les soins palliatifs. L’euthanasie est un choix… budgétaire. Ce n’est pas une politique de santé. [7]

 

bibliographie

[1] , en valeur actualisée pour 2025 https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2838161/

[2] Felder S, Meier M, Schmitt H. Health care expenditure in the last months of life. J Health Econ. 2000 Sep;19(5):679-95. doi: 10.1016/s0167-6296(00)00039-4. PMID: 11184799.

[3] IGAS, RAPPORT N°2016-064R https://www.igas.gouv.fr/sites/igas/files/files-spip/pdf/2016-064R_.pdf

[4] https://www.ahbl.ca/truchon-v-procureur-general-du-canada-superior-court-of-quebec-finds-limiting-access-to-medical-assistance-in-dying-maid-to-end-of-life-unconstitutional/

[5] https://neuron.expert/news/murdered-insurance-ceo-had-deployed-an-ai-to-automatically-deny-benefits-for-sick-people/9708/fr/

[6] Service du PR Georges Mathé   hôpital Villejuif Paul Brousse  Val de marne

 

[7] pic.x.com/Ch1ag8iTAb